Le Sénat a déclaré recevable le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026, présenté par le Vice-Premier Ministre et Ministre du Budget, Adolphe Muzito. Ce nouveau budget s’équilibre en recettes et en dépenses à 50.295 milliards de FC, soit environ 21,9 milliards de dollars américains.
Ce texte traduit un changement majeur par rapport à l’année 2025. En effet, la RDC fait face à un coup dur : les financements et aides en provenance de l’extérieur ont chuté brutalement de 42 %. Pour ne pas bloquer le pays, le Gouvernement a dû changer de stratégie en comptant d’abord sur ses propres forces. C’est le grand tournant de ce budget, car les recettes propres de l’État augmentent de 6,9 %, ce qui permet de faire grimper les recettes courantes à 15,2 milliards de dollars.
Ce sursaut financier apporte une bouffée d’oxygène de 739,5 millions de dollars. Cet argent frais sera directement injecté dans le quotidien des Congolais et les priorités du pays :
- 45 millions de dollars pour payer et réajuster les salaires ;
- 87 millions de dollars pour financer les subventions et les transferts ;
- 162 millions de dollars pour financer des projets d’investissement directement par l’État.
Enfin, pour combler le manque à gagner et construire des routes ou des infrastructures durables, la RDC innove en faisant appel aux marchés financiers. Le budget intègre ainsi une première tranche d’emprunts internationaux (Eurobonds) de 650 millions de dollars et une émission de 308 millions de dollars en obligations du Trésor local. En clair, face à la baisse des aides étrangères, la RDC choisit l’indépendance financière et la rigueur de sa propre gestion.

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