Le Comité de pilotage de la COPIRAP a dévoilé, ce vendredi 18 septembre 2026 au Centre financier de Kinshasa, les résultats provisoires de sa vaste cartographie de la parafiscalité. Portée par la Première ministre Judith Suminwa, cette initiative visait à faire la lumière sur les prélèvements des organismes publics. Le constat indique que 96 experts ont inspecté 380 structures (soit un taux de couverture de 94 %) et répertorié pas moins de 1 072 actes générateurs de recettes.
D’un point de vue économique, la moisson financière paraît impressionnante, avec des prélèvements qui ont atteint 3 523,5 milliards de francs congolais en 2024. Pourtant, cette profusion de taxes pose une question fondamentale : cette pléthore d’organismes et de redevances constitue-t-elle réellement un gage d’efficacité pour la mobilisation des recettes de l’État ?
La réponse est loin d’être évidente. L’accumulation d’actes parafiscaux entraîne souvent un morcellement des flux financiers au profit de structures autonomes, étouffant au passage le climat des affaires sous une lourdeur administrative asphyxiante. La dispersion des ressources entre des centaines d’organismes — dont certains manquent cruellement de transparence — affaiblit la traçabilité des fonds publics au lieu de maximiser le budget général.
Conscient de cette saturation, le gouvernement envisage déjà d’élaguer ce maquis fiscal. Les travaux bilatéraux à venir devront déterminer quels actes maintenir, fusionner ou supprimer. Des prélèvements clés, notamment ceux liés aux visas d’offres d’emploi ou aux cartes de travail pour étrangers gérés par l’ONEM, pourraient ainsi être rapatriés directement dans le budget de l’État pour rationaliser la collecte et alléger la pression sur le secteur privé.


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