Le refus zambien d’un milliard de dollars d’aide américaine, jugée attentatoire à la souveraineté minière, crée une onde de choc. Ce sursaut d’honneur de Lusaka contraste violemment avec la signature de Kinshasa. Entre protection des données pathogènes et survie sanitaire immédiate, la RDC révèle sa vulnérabilité face aux conditions de Washington.
L’éclat de Lusaka face au dilemme de Kinshasa
Le paysage diplomatique africain se fracture face aux nouvelles exigences de Washington. D’un côté, le président Hakainde Hichilema invoque la « volonté de renforcer l’autonomie nationale » pour suspendre un milliard de dollars pollué par des clauses de collaboration minière. Pour la Zambie, cet acte d’honneur refuse que la santé serve de cheval de Troie à l’exploitation des ressources critiques.
À l’inverse, la RDC a franchi le pas, acceptant un financement identique pour bétonner sa couverture santé universelle. Là où Lusaka voit des « clauses contraires aux intérêts nationaux » liées au partage de données sur les pathogènes pour dix ans, Kinshasa privilégie l’urgence d’un système de santé « porté par nos propres institutions », même sous perfusion étrangère.
S’agit-il d’une faiblesse congolaise ? La RDC, exsangue, choisit la survie immédiate face au péril sanitaire, tandis que la Zambie, imitée par le Zimbabwe et le Kenya, érige un rempart contre une aide désormais conditionnée à des « objectifs stratégiques et économiques ». En signant, Kinshasa s’offre un répit budgétaire, mais s’expose à la dépendance technologique et minière que Lusaka vient de rejeter avec fracas pour protéger son intégrité nationale.



