Face à l’urgence de la souveraineté alimentaire, l’INERA et le projet PURPA ont réuni à Mbanza-Ngungu les piliers de la filière semencière. Durant trois jours (du 7 au 9 avril 2026), experts et producteurs ont planché sur la révolution du riz et du manioc, clôturant les travaux par un appel historique à l’unification des forces techniques.

Un marathon scientifique de trois jours
Le lancement de l’atelier a marqué une volonté de rupture avec les méthodes traditionnelles. Le premier jour, les travaux se sont ouverts sur les fondements de la filière. Daniel Lunze, point focal de PURPA à l’INERA, a d’emblée défini le cap. « L’objectif principal est de renforcer les capacités pour que nous puissions maîtriser toutes les technologies pour la production des semences améliorées… Porter à la connaissance de tous ces partenaires le bien-fondé de ce programme, le projet PURPA, pour que les gens puissent maîtriser la production de semences de manière durable », a-t-il déclaré.
Dans la foulée, le Professeur Tony Bakelana a pris le relais pour détailler les schémas de développement et la maintenance variétale du manioc. Pour cet expert de renom et facilitateur, la réussite agricole ne tolère aucune approximation. Il a insisté sur la rigueur scientifique nécessaire à chaque maillon de la chaîne. « Tout part de la création des semences améliorées, la mise au point de ces variétés, l’étape de la maintenance de ces variétés, ainsi que l’étape de la diffusion de ces variétés-là. L’INERA, institution mandatée, met tout en œuvre pour la relance de la production agricole », a-t-il souligné.
Le deuxième jour a densifié les débats. Outre l’étude des maladies, des pestes et de la fertilité des sols pour le manioc, le curseur s’est déplacé vers le riz, culture hautement stratégique. Face au paradoxe d’un pays important 65 % de ses besoins, Daniel Dibwe a nourri l’auditoire sur les systèmes de production avant de lancer un plaidoyer vibrant. « Nous lançons un appel vibrant au gouvernement de soutenir l’Institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomiques avec des moyens, des renforcements de capacités, des infrastructures ainsi que les autres maillons de la filière pour développer les riz irrigués, les riz de bas-fond et pourquoi pas parler aussi aujourd’hui des riz hybrides », a-t-il lancé.
Le troisième jour a servi de tribune à une synthèse magistrale des enjeux de sauvegarde environnementale et de qualité. La clôture a été couronnée par une recommandation qui fera date. Pour l’Ir Donat Mayanza, le succès repose sur une chaîne solidaire. « La toute dernière recommandation, faite par le professeur Bakelana, a insisté sur le lien qui doit exister entre les services de la recherche et les utilisateurs, dont les agri-multiplicateurs et les producteurs. Il a insisté sur le fait que l’INERA, le SENASEM et les agri-multiplicateurs puissent travailler ensemble pour que la diffusion des variétés soit effective », a-t-il indiqué.
Vers un horizon de prospérité
En quittant les terres de Mbanza-Ngungu, les participants ne repartent pas seulement avec des acquis techniques, mais avec une mission. Pour le Pr Tony Bakelana, la rigueur, de la création à la diffusion, est le prix de la relance. La perspective est désormais claire, car si la synergie entre recherche et utilisateurs est maintenue, la RDC passera du statut de consommateur dépendant à celui de grenier de l’Afrique. La révolution est en marche.




