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Dette africaine : quand l’Afrique finance la Chine, le paradoxe d’un sevrage financier forcé

C’est une inversion historique des flux. L’Afrique rembourse désormais à Pékin plus qu’elle n’emprunte. Selon ONE Data, le continent subit une hémorragie financière nette de 22 milliards de dollars, marquant la fin de l’âge d’or des crédits chinois. Un basculement structurel qui place les capitales africaines devant un impératif de souveraineté budgétaire.

Le temps des chèques en blanc est révolu. Le rapport de ONE Data dresse un constat cinglant. Le flux net entre la Chine et l’Afrique est devenu négatif. Entre 2020 et 2024, les 30 milliards de dollars de financements entrants se sont évaporés, laissant place à une sortie nette de 22 milliards de dollars vers l’Empire du Milieu.

David McNair, directeur exécutif, analyse ce séisme. « Le fait qu’il y ait moins de prêts entrants, mais que les prêts antérieurs de la Chine doivent toujours être remboursés — c’est là l’origine des sorties de fonds ».

Si l’Initiative « Belt and Road » amorce un rebond par l’investissement, le fardeau du passé pèse lourd. Pour McNair, ce « net négatif » pourrait toutefois « encourager une responsabilisation accrue au niveau national ». Un diagnostic tranchant sur une Afrique qui, paradoxalement, devient le bailleur de son propre créancier.

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