Salaires en souffrance, trésorerie exsangue et menace pétrolière, le Gouvernement Suminwa tente de colmater les brèches. Entre l’audit de la paie et la crise au Moyen-Orient, Daniel Mukoko Samba admet des « tensions ». L’exécutif promet un retour à la normale, mais l’urgence sécuritaire et humanitaire asphyxie les finances publiques.
Le constat est amer pour les agents de l’État. Réuni ce jeudi, le Comité de Conjoncture Économique (CCE) a dû se rendre à l’évidence, car la machine financière s’enraye. Daniel Mukoko Samba, Vice-premier Ministre de l’Économie, a avoué sans détour que « le décalage est dû à une tension sur la trésorerie », pointant le « poids grandissant de la masse salariale ».
Si le gouvernement évoque des « mesures fortes » pour « mieux contrôler les dépenses », la réalité est celle d’un arbitrage douloureux. Les fonds sont siphonnés par l’effort de guerre et l’urgence humanitaire. En promettant de « revenir à un paiement des salaires dans le mois », l’exécutif joue sa crédibilité sociale alors que l’audit de l’état liquidatif de la paie, exigé par le Chef de l’État, traîne à produire ses effets d’assainissement.
À cette fragilité interne s’ajoute l’onde de choc du Moyen-Orient. La menace sur l’approvisionnement en carburant fait peser un risque d’inflation importée qui pourrait achever le pouvoir d’achat déjà moribond des fonctionnaires. Entre promesses de régularisation et réalités budgétaires précaires, le Gouvernement Suminwa marche sur une corde raide, où chaque retard de paie devient une étincelle sociale potentielle.



