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L’achat d’or artisanal par la Banque Centrale : une ambition audacieuse face au péril inflationniste

La Banque Centrale du Congo rompt avec la gestion traditionnelle en plaçant l’or artisanal au cœur de sa réserve de change. Entre ambition de souveraineté et périls inflationnistes, Kinshasa doit désormais transformer ses mines en bouclier monétaire. Un défi colossal de financement et de traçabilité pour stabiliser durablement le franc congolais.

En officialisant le rachat systématique de l’or artisanal via DRC Gold Trading SA, la Banque Centrale du Congo (BCC) s’attaque à une « anomalie historique majeure » qui est l’absence de métal jaune dans ses coffres. L’ambition est de muscler la souveraineté nationale. Comme le souligne le gouverneur André Wameso, l’institution veut se positionner comme « le principal acheteur (off-taker) » pour convertir la richesse souterraine en stabilité monétaire.

​Cependant, ce patriotisme économique se heurte à une arithmétique brutale. Pour capter les 15 tonnes visées, la BCC devra injecter environ 2,4 milliards de dollars, soit un tiers du budget national 2026. Ce choc de liquidité en francs congolais fait peser une menace d’inflation systémique sur une économie déjà fragile.

​Le succès ne dépendra pas de la simple volonté politique, mais d’une compétitivité agressive face aux réseaux de contrebande. Pour éviter l’échec du modèle camerounais et égaler la performance éthiopienne, la BCC devra garantir des prix attractifs et une traçabilité numérique irréprochable. En somme, la RDC joue sa crédibilité financière sur sa capacité à transformer ses mines artisanales en une véritable réserve fédérale.

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