Au cœur du Kongo Central, la renaissance de la Cimenterie Nationale (CINAT) bute sur un obstacle majeur qu’est Eugène Diomi Ndongala. Entre milices privées et harcèlement judiciaire, notre enquête révèle comment cet acteur freine violemment le partenariat CINAT et AVIC-CONCH, sabotant ainsi une promesse industrielle majeure du Président Félix Tshisekedi.
Le sabotage de la CINAT ou le crépuscule de l’impunité
À Kimpese, le réveil industriel tant attendu par la population ressemble désormais à un thriller judiciaire mâtiné de méthodes paramilitaires. La CINAT, géant étatique endormi depuis seize ans, est devenue le théâtre d’une offensive systématique orchestrée par Eugène Diomi Ndongala, propriétaire de la société CODER.
Selon les documents consultés, le malaise dépasse le simple différend commercial pour muter en une stratégie de déstabilisation globale. L’installation d’une milice basée à l’hôtel Helena Garden, agissant sous le label « CODER Sécurité », fait planer un climat de terreur sur l’usine. Les récents événements de janvier 2025, marqués par l’enlèvement brutal du commandant Masunda Batalulu avec la complicité présumée d’un auditeur supérieur, jettent un froid polaire sur l’état de droit dans la province.
L’affaire atteint le sommet de l’État
L’affaire a désormais atteint les plus hautes sphères du pays. Selon un document officiel émanant de la Présidence, le Chef de l’État a personnellement chargé ses services d’accuser réception de la dénonciation du complot présumé ourdi par Eugène Diomi Ndongala, en connivence avec certaines autorités judiciaires militaires du Kongo Central.
Face à la gravité des faits, qui s’opposent frontalement aux décisions étatiques de relance de la CINAT SA, la Haute Hiérarchie a formellement instruit l’Auditeur Général des FARDC de se pencher urgemment sur ce dossier. L’ordre est sans équivoque : agir dans le strict respect du droit tout en veillant impérativement à écarter toute forme de trafic d’influence susceptible d’entraver la marche du pays vers sa souveraineté industrielle.
Un sabotage politique et économique
Ce harcèlement vise manifestement à effrayer les investisseurs du consortium chinois AVIC-CONCH, pourtant choisis par la Présidence et ayant reçu l’aval de la Première Ministre, Judith Suminwa, pour relancer la production nationale de ciment. En multipliant les dossiers judiciaires « fantaisistes » et en instrumentalisant certains pans de la justice militaire, Diomi Ndongala tente de murer l’avenir de la CINAT dans les décombres du passé.
Cet acharnement n’est pas qu’une simple affaire privée, mais c’est un coup de poignard dans le pacte social de 2023 liant Félix Tshisekedi à la population du territoire de Songololo. Si l’État ne protège pas son fleuron contre ce trafic d’influence manifeste, la promesse présidentielle de relance risque de s’effondrer sous le poids d’intérêts personnels, devenus le boulet de l’économie nationale.



