À l’ombre des rizières de Bouaké, lors de la « Semaine d’Impact » d’AfricaRice, le Directeur Général Dominique Kankonde a brillamment positionné l’INERA comme le fer de lance de la révolution agricole congolaise. Face aux sommités du continent, il a défendu une vision où la science quitte les laboratoires pour féconder les champs, plaidant pour une transition urgente vers l’autosuffisance. Fort de recommandations stratégiques visant à combler l’écart entre importations et production locale, le DG a certifié l’excellence scientifique de l’INERA. Malgré un rendement actuel de 4 tonnes par hectare, l’institut s’engage à dompter les caprices climatiques par l’innovation technologique, affirmant que le génie congolais est prêt à transformer les potentialités hydriques et foncières en un bouclier alimentaire durable.

Dominique Kankonde positionne l’INERA en pilier de l’autosuffisance en riz.
De retour d’une mission stratégique en Côte d’Ivoire, le Directeur Général de l’INERA, Dominique Kankonde, incarne désormais le renouveau de la recherche agronomique en RDC. Sous le thème « Transformer la science en impact », cet atelier d’AfricaRice a servi de tribune pour confronter les feuilles de route de 28 nations. Dans une interview qu’il a accordé à Progreseco.com, Dominique Kankonde a souligné le contraste entre les performances égyptiennes ou tanzaniennes et les marges de progression congolaises, tout en rappelant une vérité essentielle. « La recherche, lorsqu’elle n’est pas appliquée, demeure silencieuse », a-t-il affirmé.
L’INERA, sous son impulsion, ne se contente plus de tester des variétés, car elle innove pour offrir des semences enrichies et productives capables de révolutionner les rendements nationaux. Dominique Kankonde a lancé un appel vibrant à l’investissement. « Si les moyens financiers restent les nerfs de la guerre, l’expertise de l’INERA est un atout souverain déjà opérationnel », a-t-il souligné. Pour le DG, il est temps de sortir des sentiers battus pour que chaque paysan ressente enfin l’impact réel de la science dans son assiette et son économie. Ci-dessous, l’intégralité de l’interview :

Frank Djodjo Mulamba (FDM) : Monsieur le Directeur Général, vous revenez d’une mission officielle en Côte d’Ivoire où vous avez pris une part active à l’édition 2025 de la Semaine d’Impact de la recherche d’AfricaRice. En quoi a consisté cette mission et quel en est le bilan ?
Dominique Kankonde (DK) : Il sied de rappeler que, préalablement à notre déplacement pour cet atelier d’AfricaRice, le Directeur Général de ce centre s’était rendu en République démocratique du Congo. Il fut reçu par Son Excellence Madame la Ministre de l’ESURSI, dans le cadre d’un plaidoyer relatif à ses prérogatives de Présidente du Conseil des Ministres d’AfricaRice. Cet atelier, placé sous le signe de l’impact de la recherche sur la production rizicole, s’inscrivait dans cette suite logique. Nos impressions sont fort concluantes ; l’enjeu consistait à s’écarter des sentiers battus pour explorer l’utilisation concrète des acquis de la recherche. En somme, comment faire infuser ce progrès scientifique auprès des agriculteurs et des consommateurs ? Car, par essence, une recherche dépourvue d’application demeure inaudible.
FDM : Des recommandations stratégiques ont-elles été formulées au terme de ces travaux ?
DK : Absolument. Pour que cet impact soit tangible, nous avons procédé à un partage d’expériences transfrontalières. Vingt-huit nations ont exposé leurs trajectoires respectives, soulignant l’écart entre leur production domestique et les volumes d’importations. Chaque pays a présenté sa vision via une feuille de route rigoureuse. Nous avons analysé les modèles d’excellence, tels que celui de l’Égypte avec ses 10 tonnes à l’hectare ou de la Tanzanie, désormais autosuffisante. Pour la RDC, bien que notre rendement plafonne à 4 tonnes, nos potentialités foncières et la maîtrise technologique de l’eau nous offrent des perspectives de croissance exceptionnelles, capables de défier les caprices climatiques.

FDM : L’expertise scientifique de l’INERA permet-elle aujourd’hui à la RDC de relever ce défi de productivité ?
DK : Je le confirme sans ambages. L’INERA innove constamment en développant des variétés plus productives et enrichies. La question fondamentale demeure notre capacité à exploiter l’intégralité de ce gisement technologique. Il est impératif de tirer la quintessence de nos variétés actuelles avant d’envisager d’autres transitions. Si nous aspirons à préserver nos devises en cessant les importations massives, l’investissement dans la recherche et l’encadrement des producteurs est impératif. Nous disposons des compétences ; le déploiement est à notre portée.
FDM : Les ressources financières constituent-elles l’obstacle majeur à cette ambition ?
DK : Certes, elles demeurent le nerf de la guerre. Toutefois, l’immobilisme n’est pas une option. Notre mission est d’édifier les investisseurs et les décideurs sur la pertinence de nos travaux afin de susciter leur adhésion financière. C’est en démontrant l’excellence de notre savoir-faire que nous mobiliserons les ressources nécessaires à cette transformation agricole.


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