Rigueur et souveraineté au sommet du Budget. Le FMI juge « fructueux » ses échanges avec le VPM Adolphe Muzito sur le collectif budgétaire 2026. Entre l’objectif audacieux de 16 milliards de dollars en ressources propres et les exigences de la Facilité élargie de crédit, Kinshasa joue sa crédibilité financière sous l’œil vigilant de Washington.
L’économie congolaise sous la loupe du FMI
Le ministère du Budget est devenu, ce vendredi 1er mai, le théâtre d’une partie d’échecs économique décisive. Calixte Ahokpossi, chef de mission du FMI, y a rencontré le Vice-Premier ministre Adolphe Muzito. Officiellement, cette séance de travail marque la troisième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). Officieusement, l’enjeu est de valider la viabilité du futur collectif budgétaire que le gouvernement s’apprête à défendre.
L’annonce de Muzito est colossale, car il s’agit d’un un budget rectificatif porté à 16 milliards de dollars en ressources propres. « Le Président avait trouvé un budget de 3,5 milliards, celui-ci est passé à 10 milliards, et nous visons aujourd’hui 16 milliards », a rappelé le VPM. Derrière cette prouesse statistique se cache une stratégie de souveraineté, celle réduire la dépendance extérieure par une mobilisation interne agressive.
Cependant, les experts de Washington passent au scanner ces « ajustements ». Si Calixte Ahokpossi salue une collaboration « enthousiaste et fructueuse », le défi réside dans l’équilibre entre ces dépenses ambitieuses et la maîtrise de l’inflation. En filigrane, ce collectif budgétaire de mai servira de test de résistance. Pour ce faire, Muzito doit prouver que l’État peut dépenser plus, sans déstabiliser le cadre macroéconomique. Le verdict technique est attendu mercredi prochain.


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