Face à l’escalade des violences entre milices en Ituri, le Gouverneur militaire rompt le silence. Entre exigence de vérité scientifique par des enquêtes internationales et appel à la fin des hostilités, le Lieutenant-Général Johnny Luboya Nkashama exhorte à protéger les acquis du développement contre les jeux d’influence.
La province de l’Ituri traverse une nouvelle zone de turbulences. Après les attaques sanglantes de la milice CRP à Pimbo et les ripostes de la CODECO, le Gouverneur militaire, le Lieutenant-Général Johnny Luboya Nkashama, a pris la parole pour recadrer les enjeux d’une crise qu’il juge largement instrumentalisée.
L’exigence de transparence : le recours à l’ONU
Pour le chef de l’exécutif provincial, la confusion entretenue autour des affrontements récents ne peut être levée que par une expertise indépendante. « Moi, j’ai dit, on peut faire ces investigations-là, mais au moins qu’il y ait aussi les enquêteurs neutres des Nations Unies. Comme ça, nous allons vérifier les allégations de tout le monde », a-t-il affirmé. Cette demande d’enquêtes neutres vise à désarmer la désinformation qui alimente les tensions communautaires.
« Trop, c’est trop » : dénoncer les tireurs de ficelles
Le Gouverneur n’a pas mâché ses mots concernant les causes profondes de cette instabilité. Il pointe du doigt des acteurs politiques et sociaux qui manipuleraient les populations Hema et Lendu pour des gains de positionnement diplomatique. « Le peuple iturien a assez souffert. Malheureusement, ça ne plaît pas à certains qui manipulent parce qu’ils veulent se positionner tantôt sur Doha, tantôt sur Washington. Trop, c’est trop », s’est-il indigné, rappelant le lourd tribut humain déjà payé.
Préserver les acquis de la stabilisation
L’enjeu majeur de cette sortie médiatique reste la survie du processus de développement. « La fin des hostilités est l’unique condition pour préserver les chantiers de reconstruction entamés sous l’état de siège », insiste le Général Luboya. Pour lui, saboter la paix revient à sacrifier l’avenir de la province.
L’appel est lancé, mais la vérité des faits doit désormais l’emporter sur la manipulation pour que l’Ituri puisse enfin capitaliser sur ses acquis et poursuivre sa marche vers la stabilité durable.



