Face au gouffre de la fracture numérique qui isole encore plus de 4 millions de citoyens, la République démocratique du Congo passe à l’offensive budgétaire. Ce samedi 8 août, le Fonds de développement du service universel (FDSU) a scellé un tournant stratégique en accordant des conventions de subvention aux quatre grands opérateurs du pays dont Airtel, Vodacom, Orange et Africell.
L’objectif est d’utiliser la ressource publique pour pallier l’absence de rentabilité commerciale dans les zones rurales et périurbaines. En prenant en charge une partie des coûts d’infrastructures dans 40 premières localités, le FDSU corrige une défaillance du marché et apporte la téléphonie, la messagerie et l’Internet à près de 258 000 personnes marginalisées.
Alors que le taux de couverture 4G stagne sous la barre des 60 %, cette première allocation de fonds préfigure une montée en puissance à grande échelle. La trajectoire fixée par le Fonds prévoit une extension rapide à 300 sites, avec un cap ambitieux à l’horizon 2030 : subventionner la connectivité de 3 000 localités et désenclaver 16 millions de Congolais à travers l’ensemble des 145 territoires.
En orientant ses financements vers les périmètres délaissés par les investissements privés, l’État ne se contente pas de poser des antennes, mais il investit dans l’éducation, la santé et le potentiel économique des territoires ruraux. Une affectation ciblée des deniers publics pour faire de la connectivité un droit citoyen irréversible plutôt qu’un privilège urbain.

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