Le sanctuaire des okapis vacille sous les coups de boutoir du terrorisme. Face aux incursions sanglantes des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) autour du quartier général d’Epulu, le directeur du projet « Conservation de l’Okapi », Berce N’safuansa Disiki, a lancé un appel au secours d’une gravité inédite. Selon des informations relayées par Radio Okapi sur son site web, c’est l’existence même de ce joyau de la biodiversité congolaise qui se trouve aujourd’hui suspendue à un renforcement urgent de la sécurité.
L’écosystème mondial est pris en otage. Les chiffres traduisent l’urgence de la crise, car une dizaine d’attaques terroristes ont déjà ciblé la Réserve de faune à okapis (RFO). La semaine dernière encore, le sang a coulé à Nduye, où un écogarde a payé de sa vie la défense du patrimoine national. Entre les trois okapis en captivité sur le site principal et les équipes de patrouille traquées sur le terrain, les défenseurs de la nature opèrent désormais en zone de guerre.
« Cette instabilité grandissante fait planer un danger immédiat et multiforme sur l’ensemble de la région et ses écosystèmes fragiles », alerte Berce N’safuansa Disiki lors d’une communication tenue mardi 13 octobre depuis Epulu.
Le spectre du drame de 2012
Pour les acteurs locaux de la conservation, le scénario actuel réveille un traumatisme sanglant. Le 24 juin 2012, les miliciens Maï-Maï de Paul Sadala, alias Morgan, avaient dévasté le quartier général, massacrant 14 okapis et paralysant la réserve pendant des années. La menace actuelle des ADF fait planer l’ombre d’une catastrophe similaire sur ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Sécuriser les hommes pour sauver la faune
Protéger l’okapi, espèce emblématique et fierté de la RDC, ne peut se faire au détriment de la vie humaine. Comme le soulignent les acteurs environnementaux locaux, la préservation de la biodiversité est indissociable de la sécurité des agents de terrain et des communautés riveraines.
Face à l’engrenage de la violence, seul le déploiement rapide et massif de dispositifs de sécurité adaptés permettra de stopper l’avancée des ADF et d’arracher cet écosystème unique au gouffre qui le menace.



