Face à la levée de boucliers des acteurs technologiques et de la presse en ligne, le gouvernement congolais a suspendu l’arrêté n°015 du 20 juillet 2026. Une retraite stratégique au cœur d’un arbitrage délicat entre urgence budgétaire et soutien à l’innovation.
Pourquoi le texte a-t-il fait pschitt ?
Signé en catimini par les Finances et l’Économie numérique, l’arrêté a été rendu public avec plusieurs jours de retard. Ce manque de concertation a immédiatement braqué l’écosystème. Dans un secteur déjà asphyxié par une pression fiscale parmi les plus lourdes d’Afrique centrale (TVA à 16 %, accises à 10 %), ce nouveau prélèvement a été perçu comme le coup de grâce.
Pour les start-up et médias digitaux aux marges étroites, cet empilement violait ouvertement l’esprit du Code du numérique et de l’ordonnance-loi de 2022 sur l’entrepreneuriat.
Le rétropédalage, éviter le piège politique et clarifier le flou
Face au tollé général, le gouvernement a préféré suspendre le texte le 1er août pour éviter « toute confusion, toute mauvaise interprétation ou toute récupération tendancieuse ».
En réponse, le ministre Augustin Kibassa Maliba a tenté de désamorcer la crise en affirmant que le texte ne « déroge pas à la volonté du gouvernement qui tient à la promotion de l’entrepreneuriat ». S’appuyant sur l’article 384 du Code du numérique, il a précisé que seules les structures ayant le statut d’entreprenant bénéficieraient d’exonérations, promettant que « les dispositions particulières relatives aux startups congolaises seront encadrées dans les jours à venir ».
L’incurie budgétaire face au mur de la réalité
Au-delà de la forme, la véritable raison de ce gel est structurelle. Il l faut noter que Kinshasa s’est heurté à l’impossibilité d’élargir l’assiette fiscale sans tuer la poule aux œufs d’or du numérique. Le gouvernement doit désormais trancher entre maximiser ses recettes à court terme ou préserver l’attractivité d’un secteur stratégique pour l’économie nationale.

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