Officiellement, la réception de Téné Birahima Ouattara par le Président Félix Tshisekedi relevait de la simple courtoisie fraternelle. Pourtant, la présence à la Cité de l’Union africaine du très puissant ministre ivoirien de la Défense, émissaire personnel du président Alassane Ouattara, trahit un agenda sécuritaire et économique de haute volée entre deux locomotives du continent.
L’axe sécuritaire, l’expertise ivoirienne au service de l’Est
Au-delà des formules d’usage, le choix de cet émissaire pointe vers le cœur du dossier. Il s’agit de la sécurité régionale. La Côte d’Ivoire, qui a neutralisé la menace djihadiste à sa frontière nord grâce à une doctrine couplant renseignement de pointe et actions socio-économiques, offre un retour d’expérience précieux à une RDC confrontée à l’insécurité dans sa partie orientale. Derrière les portes closes, il s’est agi de poser les jalons d’un partage de renseignement stratégique et de formation militaire bilatérale.
Le levier économique : concrétiser le potentiel de la ZLECAf
Ce rapprochement s’appuie sur une dynamique marchande en pleine expansion. Récemment hissées au rang de champions du commerce intra-africain aux côtés de l’Afrique du Sud, la RDC et la Côte d’Ivoire entendent transformer cet essai sous l’égide de la ZLECAf.
Les échanges bilatéraux, dominés par l’exportation d’ingrédients agroalimentaires ivoiriens (huile de palme, produits transformés) et l’importation de minerais stratégiques congolais, demeurent largement en dessous de leur potentiel réel. En dépêchant le patron de sa Défense, Abidjan cherche à sécuriser ces corridors logistiques interrégionaux, indispensables pour fluidifier les investissements industriels croisés et consolider un axe Kinshasa-Abidjan à l’épreuve des turbulences politiques régionales.


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