Face au spectre des inondations qui menace de nouveau Kinshasa, le diagnostic d’expert de James Bantapi, ingénieur en génie de l’environnement, est sans appel. Fort de ses 10 ans d’expérience en tant qu’expert en résilience environnementale au ministère de l’Environnement, il met en lumière un phénomène dont les causes sont aussi bien structurelles (constructions anarchiques) que comportementales (insalubrité).
Loin d’être un simple fléau passager, ce drame a des conséquences dévastatrices sur les écosystèmes et la santé publique. En détaillant des mesures d’urgence et de prévention précises, de la délocalisation des populations à la mise en œuvre d’un plan directeur de drainage, Bantapi offre une feuille de route pour que la capitale puisse, enfin, se relever. Ci-dessous, savourez l’intégralité de l’interview accordée à Progreseco.com par l’environnementaliste :

- Questions sur les causes et les conséquences
Frank Djodjo Mulamba (FDM)/ D’après, quelles sont les causes structurelles et comportementales qui amplifient l’impact des inondations et de l’érosion à Kinshasa, et comment la prolifération des constructions anarchiques et l’absence d’un système de drainage efficace contribuent-elles à ces phénomènes ?
James Bantapi (JB)/ Les causes des inondations et de l’érosion à Kinshasa sont à la fois structurelles et comportementales. Les causes structurelles incluent les constructions anarchiques sur les lits de rivières et les pentes instables, ainsi que le manque de systèmes de drainage efficaces. La déforestation et l’extraction de sable, pratiquées de manière illégale, fragilisent aussi les sols. Sur le plan comportemental, le dépôt d’ordures dans les caniveaux et l’occupation illégale des zones à risque aggravent le phénomène.
FDM/ Au-delà des pertes humaines et matérielles, quelles sont les conséquences environnementales à long terme de ces catastrophes, notamment sur la dégradation des écosystèmes locaux ?JB/ Les conséquences de ces catastrophes sont graves et durables. Au niveau environnemental, on assiste à une dégradation irréversible des sols, à l’envasement des rivières et à la destruction des habitats aquatiques, ce qui entraîne une perte de biodiversité locale. La pollution des nappes phréatiques, source d’eau pour la majorité de la population, constitue un risque sanitaire majeur
2. Questions sur les mesures à prendre
FDM/ Quelles sont les mesures d’urgence et de prévention que les autorités doivent mettre en œuvre immédiatement, avant l’approche les pluies, pour éviter que les inondations et l’érosion ne causent un nouveau drame, en s’appuyant sur les leçons tirées des catastrophes passées ?
JB/ Pour faire face à l’approche des pluies et éviter un nouveau drame, des mesures d’urgence et de prévention doivent être prises.Les mesures d’urgence incluent le débouchage et le curage immédiat des caniveaux et des rivières secondaires. Il est aussi impératif d’évacuer les populations vivant dans les zones à haut risque et de mettre en place des sites de relogement temporaire sécurisés.
Sur le long terme, les mesures de prévention sont essentielles. Elles consistent en une interdiction stricte des constructions dans les zones non constructibles, le reboisement des zones dégradées et la stabilisation des pentes. L’élaboration et l’application d’un plan directeur de drainage urbain sont également cruciales. Enfin, il est important de renforcer la sensibilisation communautaire sur les risques et les bonnes pratiques pour une meilleure gestion de l’environnement urbain.

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