Malgré une collecte record de 15,7 milliards d’USD, le système bancaire congolais reste ligoté par le billet vert. Si l’épargne des ménages progresse, elle fuit la monnaie nationale. Cette dollarisation rampante des dépôts, à hauteur de 87,6 %, fragilise la souveraineté économique et prive la RDC de ses propres leviers monétaires.
Les chiffres de la Banque Centrale du Congo révèlent un paradoxe inquiétant. Il s’agit d’une santé bancaire apparente qui masque une défiance persistante envers le Franc. Avec une hausse de 6,6 % des dépôts depuis fin 2024, les banques regorgent de liquidités, mais ce trésor est un exil monétaire.
L’analyse critique de ce flux massif vers l’USD qui capte désormais 87,6 % du total des dépôts, montre que les entreprises et les ménages cherchent un refuge plutôt qu’un moteur de croissance. En délaissant la monnaie nationale, dont la part fond à 12,4 %, les acteurs économiques limitent la capacité de l’État à financer l’économie réelle. Cet accroissement des dépôts en devises, bien que signe de confiance envers le système bancaire, agit comme un frein à la dédollarisation et pérennise une dépendance extérieure dangereuse pour la stabilité nationale à long terme.

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