À l’ouverture du 3ème Sommet mondial de l’Alliance des civilisations des Nations Unies ce jeudi 16 juillet 2026 à Luanda, les déclarations croisées du Président de la RDC, Félix Tshisekedi, et du Président de l’Angola, João Lourenço, tracent une feuille de route historique. En opposant la force de la parole au fracas des armes, les deux dirigeants offrent une boussole philosophique indispensable pour le décollage et la stabilité du continent.
Le monde actuel ressemble à une mer démontée où le multilatéralisme tangue, bousculé par la militarisation des esprits. Face à cette tempête de fer et de feu, le Sommet de Luanda s’est levé comme un phare. À la tribune, les présidents João Lourenço et Félix Tshisekedi ont croisé leurs visions pour rappeler une vérité immémoriale : la paix n’est pas l’absence de guerre, elle est une construction de l’esprit, le socle premier sans lequel aucun décollage économique n’est possible.
Certes, le constat initial est d’une amère lucidité. Les armes tonnent, du Sahel à l’Est de la République Démocratique du Congo. Pour l’Angolais João Lourenço, dont le pays porte encore les stigmates de trois décennies de déchirements, la force armée est une illusion. « Aucune solution durable ne sera obtenue par la force« , a-t-il affirmé.
La violence ne produit que des ruines. Cependant, cette antithèse trouve son dépassement dans une synthèse salvatrice qui est la diplomatie. L’Angola, jadis champ de bataille, prouve que « la paix se construit grâce au dialogue, à l’inclusion et à la confiance ».
Le Congolais Félix Tshisekedi, dont le peuple subit le martyre de l’agression, refuse lui aussi le fatalisme du sang versé. Par une formule d’une haute portée géopolitique, il transmute la douleur en responsabilité collective. « La RDC ne parle pas seulement de paix parce qu’elle connaît la guerre, mais parce qu’elle sait que son potentiel, sa position stratégique et son rôle en Afrique centrale peuvent contribuer à la stabilité régionale, la sécurité collective et au développement partagé « , a-t-il affirmé.
En appelant à « la fin de l’impunité », le dirigeant congolais ancre le dialogue dans la justice. Les deux chefs d’État démontrent ainsi que la diplomatie n’est pas une faiblesse, mais l’armure spirituelle et politique des nations face à la barbarie. Pour faire décoller l’Afrique et faire taire définitivement le canon, le souffle de Luanda nous rappelle qu’il faut d’abord libérer la parole.

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