Nadine Mulamba Kasientoko, créatrice derrière la marque bo Ê bel, incarne un pont audacieux entre héritage africain et modernité européenne. Hommage vibrant à son grand-père, sculpteur d’ivoire, bo Ê bel fusionne la richesse des textiles africains comme le wax et le kuba avec des coupes contemporaines. Nadine conçoit ses créations à la demande, garantissant qualité et responsabilité. Sa stratégie de communication mise sur l’authenticité et la proximité, en partageant les coulisses de l’atelier sur les réseaux sociaux et en valorisant le bouche-à-oreille. La marque bo Ê bel n’est pas qu’une marque de mode. C’est un dialogue culturel qui vise à long terme l’ouverture d’un atelier social à Kinshasa, transformant la couture en un levier d’autonomisation et de réinsertion. Ci-dessous, savourez la partie de l’interview réalisée avec cette entrepreneuse congolaise :
Frank Djodjo Mulamba (FDM)/ bo Ê bel, quelle est l’origine de cette marque ?
Nadine Mulamba Kasientoko (NMK)/ La marque bo Ê bel tire son nom de mon grand-père maternel, Bosukisa Ebele. J’ai conservé la première syllabe de son nom, Bosukisa, et réécrit son post-nom, Ebele, d’une manière plus moderne et attrayante. Mon grand-père était un artiste dans l’âme, un artisan, sculpteur d’ivoire dans les années 70. Il m’a transmis son regard, son amour des formes, des matières, et ce goût du travail bien fait. Donner son nom à ma marque, c’est un clin d’œil, un hommage. Une façon de faire vivre son héritage à travers mon univers créatif.

FDM / Qu’est-ce qui vous inspire le plus dans votre travail de créatrice de mode ?
NMK/ Mon inspiration vient avant tout de mes racines africaines, de la richesse de nos traditions textiles comme le wax ou le kuba, qui racontent des histoires, portent des symboles et une identité forte. J’ai grandi entourée de ces tissus colorés et vibrants, ils font partie de ma mémoire, de mon regard, de mes émotions.
J’ai toujours été fascinée par la richesse des textiles africains, comme le wax ou le kuba, qui racontent des histoires et portent une identité forte. En même temps, vivant en Europe, je voulais proposer une mode qui parle aussi aux femmes d’ici. Bo Ê bel est donc née de ce désir de fusionner ces deux mondes, de créer des pièces qui célèbrent la diversité et l’élégance, tout en restant accessibles et contemporaines.
FDM/ Quelle est votre philosophie de conception ? Qu’essayez-vous de communiquer à travers vos créations ?
NMK/ Aujourd’hui, je cherche à intégrer le wax dans un langage plus universel, plus contemporain, pour le rendre accessible à un public plus large – notamment aux femmes européennes, qui peuvent parfois se sentir un peu éloignées de ces imprimés. Mon objectif, c’est vraiment de créer des ponts culturels à travers la mode, en imaginant des pièces qui parlent à toutes les femmes, peu importe leurs origines. Le wax peut être subtil, élégant, moderne. Il peut tout à fait trouver sa place dans une garde-robe du quotidien. C’est ce dialogue entre cultures, entre héritage et modernité, que je cherche à faire vivre à travers bo Ê bel.

FDM/ Comment vous tenez-vous informée des dernières tendances de la mode et comment les intégrez-vous (ou non) dans votre travail ?
NMK/ Je regarde autour de moi : dans la rue, sur les réseaux, dans les défilés… mais je garde toujours mon fil rouge : intégrer le wax dans mon environnement actuel. Le wax est un tissu qui parle fort, qui raconte déjà beaucoup. Alors dans mes créations, je cherche l’équilibre. Je reste sobre dans les coupes, les lignes, pour mieux laisser le wax s’exprimer. Cela me permet aussi d’intégrer d’autres influences, d’autres cultures, dans ma « folie » et mon amour du wax. Mon travail, c’est une recherche constante d’harmonie entre richesse visuelle et simplicité.
FDM/ Quel est votre modèle économique ?
Mes créations sont conçues et vendues à la demande. Cela me permet de maîtriser les quantités, d’éviter les surplus, et de proposer un service personnalisé, en accord avec ma démarche artisanale et responsable. Je travaille en petite série ou en sur-mesure, selon les besoins de mes clients.

FDM/ Comment commercialisez-vous vos créations ?
NMK/ Nous avons un site internet – www.boebel.net – qui présente une palette de nos créations et de notre univers. Nous sommes également actifs sur les réseaux sociaux : Instagram, Facebook et TikTok. Mais l’un de nos canaux les plus puissants reste le bouche-à-oreille. Un client satisfait devient un ambassadeur. C’est pourquoi nous accordons une attention particulière à la qualité de chaque pièce, au choix des matériaux et aux finitions professionnelles.
NMK/ Quelles sont vos principales stratégies de marketing et de communication ?
FDM/ Nous misons sur la proximité et l’authenticité. Les réseaux sociaux nous permettent de partager les coulisses de l’atelier, les inspirations, les nouveautés, mais aussi les valeurs humaines qui portent la marque. Nous construisons une communauté autour de la marque, et chaque retour client est pour nous une occasion de progresser et de renforcer notre crédibilité.
FDM/ Quels sont vos objectifs commerciaux à court et à long terme ?
NMK/ À court terme, je souhaite continuer à développer la visibilité de bo Ê bel, à fidéliser notre clientèle locale et à élargir notre présence en ligne. À long terme, mon ambition est d’étendre l’atelier social, notamment en ouvrant un espace à Kinshasa. Ce projet me tient à cœur : il s’agit de sensibiliser et d’accompagner des personnes en difficulté vers un rythme de vie plus stable, en leur transmettant des compétences transversales par la couture, dans une optique de réinsertion et d’autonomisation. Cela pourrait passer par des formations, des partenariats ou des programmes d’accompagnement.



Journaliste économique, je décrypte l’actualité financière et les tendances du marché. Spécialiste en communication des organisations, j’analyse leurs stratégies. Consultant, j’élabore des stratégies de communication globale percutantes pour les entreprises. Mon expertise se situe à l’intersection de l’économie, de la communication et du conseil.




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