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Rapatriement des dépouilles Kongolaises : Après la demande et la réponse belge, le Kongo doit maintenant organiser le « Comment »

Après l’acceptation officielle par la Belgique du principe de restitution des dépouilles d’aïeux kongolais conservées dans ses collections scientifiques, le dossier franchit un cap décisif. Dans une prise de parole remarquée, Laety Babin, présidente de l’ASBL AfriqHope, appelle les autorités du Kongo à structurer sans délai l’organisation logistique, diplomatique et mémorielle de ce retour historique.​

Un tournant diplomatique historique​

Le long processus visant le rapatriement des dépouilles humaines kongolaises est désormais entré dans une phase éminemment opérationnelle. L’élément déclencheur remonte au 5 juin 2026, date à laquelle la Première ministre de la République démocratique du Kongo, Judith Suminwa Tuluka, a officiellement saisi son homologue belge, Bart De Wever, afin de demander la restitution formelle de ces restes moraux et humains.​

La réponse du gouvernement belge est intervenue le 17 septembre 2026. Dans sa correspondance, le Premier ministre belge a reconnu explicitement que ces dépouilles ne sauraient en aucun cas être assimilées à de simples objets de collection scientifique. Pour assurer le suivi politique et technique du dossier, Bruxelles a désigné conjointement le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, et la ministre chargée de la Politique scientifique fédérale, Vanessa Matz.​

Une clarification décisive est ensuite venue renforcer cette dynamique lors d’un échange direct avec Laety Babin, présidente de l’ASBL AfriqHope. Le chef de la diplomatie belge y atteste fermement que « l’objectif est bien de procéder au rapatriement » vers la République démocratique du Kongo, précisant que les discussions doivent à présent se focaliser sur les modalités pratiques, c’est-à-dire le « comment ».​

Du principe politique à l’impératif organisationnel

​Cette évolution majeure transforme radicalement la nature du débat. La question n’est plus de savoir si la restitution aura lieu, mais selon quelles modalités le Kongo va structurer la réception et honorer la mémoire de ses ancêtres.

​Pour la société civile, le risque principal serait de voir le dossier s’enformer dans une forme de latence administrative. Après l’acte diplomatique fondateur posé par la primature kongolaise, l’urgence est désormais à l’action concrète et institutionnelle.

​« Une fois la réponse reçue et le principe du rapatriement clairement affirmé du côté belge, il faut organiser la suite. Nous ne pouvons pas demander le retour de nos aïeux et, une fois la porte ouverte, laisser s’installer le silence administratif », alerte Laety Babin.

La création urgente d’une task force et d’un point focal kongolais

​Face à des interlocuteurs belges clairement identifiés sur les plans politique et scientifique, la République démocratique du Kongo doit à son tour formaliser son dispositif d’accueil. La constitution d’une équipe de travail pluridisciplinaire spécialisée s’impose comme une priorité absolue.​

Cette structure opérationnelle devrait rassembler une palette complète d’expertises indispensables :​

  • Volet diplomatique et juridique : suivi des protocoles bilatéraux et sécurisation des transferts sous la tutelle des ministères des Affaires étrangères et de la Justice ;​
  • Volet scientifique et historique : inventaire, identification et traçabilité matérielle des dépouilles ;
  • Volet culturel et mémoriel : accompagnement des rituels, de la conservation et des cérémonies d’hommage national.​

Parallèlement, la désignation d’un point focal institutionnel kongolais — une proposition déjà formulée dans la lettre initiale de la Première ministre — permettrait de centraliser les informations, de fluidifier le dialogue avec les chancelleries belges et d’articuler l’action interministérielle à Kinshasa.

L’implication indispensable de la société civile et des communautés​Le rapatriement de dépouilles humaines ne saurait se réduire à une procédure administrative froide entre deux administrations étatiques. Il touche profondément la mémoire collective, le deuil des familles et les traditions coutumières des communautés locales concernées.​

Les autorités belges ont d’ailleurs souligné l’importance d’associer la société civile et les autorités traditionnelles à cette démarche. L’enjeu pour le gouvernement kongolais est d’intégrer pleinement ces acteurs mémoriels au travail institutionnel, afin de garantir un lien cohérent entre la diplomatie, la recherche historique et le devoir de mémoire.​

Maintenir l’élan historique

​À l’heure où les verrous politiques sont levés, la balle est désormais dans le camp kongolais pour accélérer la transition vers la négociation technique.

​Afin d’éviter tout ralentissement dans cette séquence historique, la République démocratique du Kongo est appelée à publier sa feuille de route et à installer ses équipes de travail. Le passage des échanges diplomatiques au retour effectif des dépouilles repose désormais sur la réactivité de l’appareil d’État kongolais.

Autrice principale, Laety Babin/Présidente d’AfriqHope ASBL

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