La menace épidémique d’Ebola continue de faire planer une ombre lourde sur le quotidien des Congolais. Selon le récent sondage publié par le cabinet Target SARL, mené fin juin 2026 auprès de 1 416 personnes, 62 % de la population redoute une propagation de la maladie vers sa ville ou sa province de résidence. Une appréhension massive, quasi identique chez les hommes (62 %) et les femmes (63 %), qui témoigne d’un traumatisme collectif profondément enraciné.
L’analyse géographique révèle toutefois des disparités saisissantes. Le Grand Kasaï s’impose comme l’épicentre de l’angoisse citoyenne, affichant un taux de crainte record de 83 %. Il est suivi de près par la Province Orientale (71 %) et le Grand Kivu (69 %), des zones historiquement éprouvées par les urgences sanitaires et la volatilité sécuritaire. Même dans les grands centres urbains et économiques plus éloignés du foyer — tels que Kinshasa, le Katanga ou le Kongo Central —, la peur demeure prépondérante, dépassant le seuil des 56 %.
Cette vive inquiétude collective sonne comme un avertissement direct pour les décideurs publics et les partenaires humanitaires. Face à un virus qui pétrifie près de la moitié de la population (49 % se disent « très inquiets »), la réponse ne saurait être uniquement médicale. Elle exige une communication de crise renforcée, une transparence accrue et un déploiement préventif rigoureux sur l’ensemble du territoire national pour rassurer une opinion sous haute tension.


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