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RDC : l’adoption du décret classant le lithium comme stratégique, entre promesses et défis d’application

En Conseil des ministres, la RDC a adopté un projet de décret qualifiant le lithium de substance stratégique. À l’aube de la production de la mine de Manono, cette décision fait grimper la redevance de 3,5 % à 10 %. Un levier fiscal puissant pour la croissance, dont le succès dépendra d’une gouvernance rigoureuse.

L’État congolais hausse le ton fiscal face aux géants miniers

Le vendredi 29 mai, sous la présidence du Chef de l’État, le gouvernement a franchi un pas décisif pour la souveraineté économique de la République démocratique du Congo. Un projet de décret intègre désormais le lithium, le tantale, le niobium, le tungstène, l’uranium et les terres rares à la liste très fermée des substances minérales stratégiques.

Ce virage réglementaire s’aligne sur un calendrier industriel précis. Le lancement attendu en juin de la mine de Manono par Zijin Mining, un investissement d’un milliard USD conçu pour produire 95 170 tonnes de sulfate de lithium par an. L’opportunité économique est indéniable. En basculant dans la catégorie stratégique, ces minerais subissent un ajustement fiscal majeur, leur taux de redevance passant de 3,5 % à 10 %. L’État captera ainsi une part bien plus importante des revenus générés par la transition énergétique mondiale.

L’exécutif justifie cette décision par la mutation technologique globale. « Ce texte tient compte de l’évolution des marchés internationaux des matières premières critiques et l’importance croissante de plusieurs substances minérales, tant pour les filières stratégiques que pour les technologies émergentes et le secteur de l’énergie nucléaire. […] L’objectif est de permettre à notre pays de tirer profit du caractère critique et géostratégique que revêtent ces ressources minérales dont regorge son sous-sol ».

Le revers de la médaille : le défi de la transformation locale

Cependant, une analyse objective de cette réforme fiscale met en lumière des contraintes majeures. Si l’augmentation de la fiscalité à 10 % renfloue immédiatement les caisses de l’État, elle ne résout pas le problème de fond, celui de la dépendance de la RDC envers l’exportation de matières brutes non transformées.

Pour que ce décret serve réellement de carburant à une croissance économique durable, le gouvernement doit impérativement lier cette fiscalité à des incitations concrètes pour la transformation locale du lithium en produits à forte valeur ajoutée, comme les composants de batteries. De plus, une transparence absolue dans la canalisation de ces nouvelles recettes sera indispensable pour éviter l’écueil historique de la mauvaise gouvernance qui a souvent privé les populations des retombées du secteur minier.

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