Le réseau fluvial congolais reçoit enfin une réponse concrète à ses tragédies répétées. Le ministère des Transports vient de réceptionner un baliseur destiné à sécuriser le tronçon Kindu-Ubundu, long de 315 kilomètres. Exploité par la Régie des voies fluviales (RVF), ce navire spécialisé adaptera la signalisation aux mouvements sédimentaires et aux variations saisonnières du niveau des eaux.
L’urgence sur le terrain est absolue. Selon le rapport Future of Maritime Safety, le transport par ferry en Afrique a enregistré une hausse dramatique de 55 % des décès liés aux naufrages, grimpant de 1 308 morts en 2023 à 2 033 en 2024. Selon ce document, la RDC concentre, aux côtés du Nigeria et du Mozambique, près de 72 % de ces pertes humaines, souvent causées par la surcharge d’embarcations privées vétustes.
Cette dotation technique vient corriger un vide structurel historique qui mettait en péril des milliers de vies.
« Cette mise en service constitue une avancée majeure pour le secteur fluvial congolais. Elle met fin à plus de 50 années d’absence d’un baliseur opérationnel dans cette partie du territoire national », a déclaré le ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba. Si l’acquisition de cette unité constitue un premier pas crucial pour ce secteur stratégique, le défi de la sécurité globale demeure entier.
L’annonce de l’arrivée prochaine d’un second baliseur pour le tronçon Bukama-Kongolo (650 km) et le partenariat signé avec la China Harbour Engineering Company (CHEC) tracent une feuille de route qu’il faudra consolider par des contrôles stricts des commissaires fluviaux pour intercepter définitivement les embarcations hors normes.

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