Le Zimbabwe, leader africain du lithium, vient de frapper un grand coup diplomatique en interdisant l’exportation de concentrés avec un an d’avance. Ce sursaut de souveraineté industrielle de Harare jette une lumière crue sur le paradoxe de la RDC : malgré ses réserves mondiales inégalées, le géant congolais demeure stérile.
Le sprint de Harare face à la léthargie de Kinshasa
Le contraste est aussi frappant qu’accablant. Ce 25 février, le ministre zimbabwéen des Mines, Polite Kambamura, a annoncé la suspension des exportations de concentrés de lithium « avec effet immédiat ». En devançant son propre calendrier de 2027, le Zimbabwe s’impose comme un prédateur stratégique de la valeur ajoutée, forçant les investisseurs à transformer le minerai sur place pour les batteries électriques.
Pendant que Harare sprinte, la République Démocratique du Congo, qui trône pourtant sur les plus grandes réserves mondiales à Manono, s’enlise dans un mutisme productif. Le contraste est métaphorique, c’est en ce sens que là où le Zimbabwe construit un empire industriel, la RDC reste une « bibliothèque d’échantillons ». Paralysée par des querelles contractuelles infinies et une bureaucratie ankylosée, Kinshasa n’a toujours pas extrait le premier gramme de sa richesse théorique.
Alors que le Zimbabwe sécurise son futur énergétique par des actes, la RDC illustre le drame d’un géant qui possède les clés du monde mais refuse d’ouvrir sa propre porte. La leçon de Harare est claire, car elle renseigne que la puissance ne réside pas dans ce que l’on possède sous le sol, mais dans ce que l’on transforme à sa surface.

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