L’urgence sanitaire sur le terrain impose une diplomatie de combat et une action immédiate. Face à la résurgence de la maladie à virus Ebola en province de l’Ituri, l’arrivée à Bunia de la commissaire européenne aux affaires humanitaires, Hadja Lahbib, sonne le départ d’une offensive conjointe d’envergure. Accueillie par le lieutenant-général Luboya Kashama Johnny, gouverneur militaire de la province, la haute diplomate est venue sceller une alliance de combat sur le front de la santé publique.
Pas de temps à perdre. Dès l’atterrissage, un briefing stratégique s’est tenu à la base logistique de la MONUSCO pour cartographier les défis et accélérer le déploiement des équipes. La délégation s’est immédiatement projetée sur les lignes de front, inspectant le Centre de traitement Ebola (CTE) du CME et le point névralgique de Rwampara. En clair, l’objectif est de durcir la surveillance épidémiologique et blinder les infrastructures de prise en charge pour étouffer l’épidémie dans l’œuf.
L’assaut contre l’infodémie, gagner la confiance pour vaincre la maladie
Sur le front social, l’administration militaire mène une charge décisive contre les rumeurs et la désinformation, ces autres alliés du virus. Pour briser définitivement la chaîne de transmission, il fallait d’abord briser le mur de la méfiance. Le lieutenant-général Luboya Kashama Johnny a souligné ce revirement stratégique sur le terrain. « Avant, la population n’était pas très informée. Aujourd’hui… je vous parlais de l’infodémie, tout ce qu’on était en train de propager comme mensonges, comme désinformations. Mais au jour d’aujourd’hui, avec les grands leaders communautaires, les radios communautaires, nous sommes au plus près de la population », a-t-il indiqué.
Cette offensive de proximité porte ses fruits. Des zones historiquement réticentes comme Mambasa basculent désormais dans la collaboration active, les communautés prenant l’initiative d’amener d’elles-mêmes les malades vers les centres de soins.
Un partenariat de frappe financière et structurelle
Cette riposte musclée repose sur un armement logistique lourd, massivement soutenu par l’Union Européenne.
En finançant des structures capables de diagnostiquer et de traiter le virus en un temps record, l’UE fournit les armes nécessaires aux équipes médicales congolaises. Hadja Lahbib a réaffirmé la puissance de cet engagement. « Je suis fière, en tant que commissaire de l’Union Européenne, d’avoir financé en fait cette structure qui permet de poser un diagnostic, de délivrer les traitements adéquats et de sauver des vies », a-t-elle soutenue.
Ce front commun, associant la rigueur de l’administration militaire, la réactivité des autorités sanitaires et la force de frappe financière internationale, concrétise la volonté du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Celle de mener une guerre éclair contre la maladie pour libérer définitivement l’Ituri de la menace d’Ebola.

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