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De l’Angola vers les mines de la RDC : pourquoi le projet de transmission électrique de 2 GW avec Trafigura ne décolle pas

Le géant du négoce Trafigura jette l’éponge. L’ambitieux projet de ligne de transmission de 2 000 mégawatts (2 GW), censé relier les barrages d’Angola aux riches mines de cuivre et de cobalt de la République démocratique du Congo (RDC) et de la Zambie, vient de perdre son principal pilier.

L’information, révélée ce mercredi 15 juillet par Reuters, secoue le secteur énergétique régional.Derrière ce retrait surprise se cachent des raisons profondes, mêlant stratégie industrielle et déboires judiciaires historiques. En juillet 2024, un protocole d’accord non contraignant (MoU) avait été signé pour exporter le surplus hydroélectrique angolais vers la RDC, un géant minier asphyxié par des pénuries chroniques d’électricité qui freinent la production de métaux critiques essentiels aux batteries des véhicules électriques.

Mais le soubassement réel de ce renoncement est indissociable du passé de la multinationale suisse. En janvier 2025, le Tribunal pénal fédéral suisse a lourdement condamné Trafigura pour corruption internationale, mettant au jour 5 millions de dollars de pots-de-vin versés à un dirigeant de la compagnie angolaise Sonangol entre 2009 et 2011. Condamnée à des millions de dollars d’amendes et de provisions, la firme a vu sa gouvernance ébranlée, précipitant le gel de ses grands projets d’infrastructures dans la région.

Malgré ce séisme, Luanda refuse d’enterrer l’initiative. Un responsable du gouvernement angolais a d’ailleurs tempéré ce départ auprès de Reuters, précisant que le projet reste en phase de négociation avec « quelques changements concernant les membres du consortium intéressés à mettre en œuvre le contrat ».

La nature ayant horreur du vide, la relève s’organise déjà. Deux lignes alternatives sont actuellement développées par Meridia Energy (alliance maroco-émiratie) pour relier Malanje et Soyo (Angola) directement au cœur minier de Fungurume et au site d’Inga en RDC. La bataille pour le contrôle de l’énergie des minéraux stratégiques ne fait que commencer.

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