Face aux urgences du changement climatique, la recherche agronomique en République Démocratique du Congo franchit un cap décisif. À la station de recherche de l’INERA Luki, au Kongo Central, l’installation d’une station climatologique synoptique de dernière génération marque le passage de la collecte de données traditionnelle à l’agriculture numérique de précision.
Cette avancée majeure s’inscrit dans le cadre du projet AgriTech Moloni, porté par un consortium novateur réunissant l’ONG belge Humundi, le centre d’innovation KDEA et l’opérateur Vodacom. L’initiative vise à moderniser les infrastructures agro-météorologiques du pays en déployant deux stations clés dont l’une à Luki et la seconde sur le plateau des Bateke, près de Kinshasa.
Pour la recherche agronomique, il s’agit d’un saut qualitatif essentiel. L’équipement enregistre en temps réel des paramètres vitaux tels que la température, les précipitations, l’insolation et l’humidité relative. L’enjeu ne réside pas seulement dans la collecte, mais dans la transformation de ces données brutes en bulletins agrométéorologiques directement exploitables par les petits producteurs locaux.
« C’est dans ce consortium qu’on a soumis le projet qui est intitulé AgriTech Moloni. L’antenne foresterie ici à Luki va assurer l’entretien et convertir ́‘toutes ces données brutes enregistrées par cette station en un message qui peut être bien bénéfique pour les agriculteurs », explique le Professeur Belyangoboy, Directeur de recherche à l’INERA.
Sur le terrain, cette transition vers le numérique permet de renouveler progressivement les équipements du parc climatologique historique. « Avec les matériels que nous avons actuellement, les anciens matériels climatologiques, et ce que nous venons d’acquérir, nous allons voir s’il y a des matériels encore importants pour continuer avec. Mais s’il n’y a pas possibilité d’évoluer avec, nous allons mettre ça de côté et utiliser la nouvelle technologie », précise l’Ingénieur Donesphore Masuki, Chef d’antenne foresterie à l’INERA Luki.
Grâce à cette alliance stratégique entre recherche, technologie et expertise internationale, les données météo guideront désormais les calendriers agricoles, sécurisant les récoltes et renforçant la résilience des communautés face aux aléas du climat.



