La stabilité du Franc congolais n’est pas qu’une affaire d’experts ou de banquiers, car elle conditionne directement le panier de la ménagère et le coût de la vie pour des millions de Congolais. Présentée lors du Conseil des ministres du 23 octobre 2026, la feuille de route du Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC) affiche une ambition claire. Il s’agit de consolider les récents progrès du taux de change tout en jetant les bases d’une économie moins dépendante du dollar américain.
Un répit encourageant sur le marché des changes
Sur le plan de la conjoncture, les chiffres apportent une bouffée d’air frais. Avec une inflation hebdomadaire tombée à 0,13 % et un Franc congolais s’appréciant légèrement à 2 262 CDF pour un dollar sur le marché interbancaire mi-octobre, la politique monétaire porte ses premiers fruits.
Pour maintenir ce cap, l’Institut d’Émission préconise plusieurs leviers techniques : une gestion active de la liquidité, le dégel partiel de la réserve obligatoire des banques et l’allongement de la maturité des bons BCC. L’objectif ultime pour le citoyen ? Injecter davantage de crédits en monnaie nationale dans l’économie réelle afin d’inciter les ménages et les commerçants à utiliser le Franc congolais au quotidien.
Le défi du réel : sortir du « tout dollar » et produire localement
Toutefois, la bataille est loin d’être gagnée dans les foyers et sur les marchés. L’économie congolaise reste ultra-dollarisée, avec plus de 80 % des dépôts et des crédits bancaires adossés au billet vert. Prôner le recours au Franc congolais se heurte à une habitude ancrée depuis des décennies.
De plus, la recommandation de la BCC d’orienter les financements vers l’agriculture, les transports et l’industrie locale touche le cœur du problème. La RDC importe encore une grande partie de sa nourriture et des produits de première nécessité. Sans production nationale forte, la moindre variation des cours mondiaux ou du change continue de peser lourdement sur le pouvoir d’achat.
Une responsabilité partagée pour l’avenir économique du pays
Pour passer d’une stabilisation temporaire à une vraie prospérité partagée, l’action de la Banque Centrale devra s’accompagner d’une rigueur budgétaire sans faille du gouvernement. La dédollarisation ne se fera pas par décret, mais par la confiance renouvelée dans la monnaie nationale et la transformation concrète des ressources du pays sur le sol congolais.

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