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Réformes en RDC : Entre pressions fiscales et impératifs de croissance, l’État scelle un pacte pragmatique

Face aux crispations du secteur privé, Judith Suminwa impose un dialogue de vérité. Entre promesses de simplification fiscale et urgence de formaliser l’informel, une feuille de route contraignante engage désormais le Gouvernement. L’objectif est de transformer la méfiance des opérateurs en un moteur de croissance durable.

Le sommet économique de ce mardi à la Primature marque un tournant dans la relation entre l’État congolais et ses créateurs de richesse. En réunissant la FEC et la COPEMECO, la Première Ministre Judith Suminwa ne s’est pas contentée d’un exercice de relations publiques, mais elle a acté une volonté de co-gouvernance face à un climat des affaires souvent jugé asphyxiant.

Le Gouvernement, la séduction par la norme

Le Vice-premier Ministre de l’Économie, Mukoko Samba, a tenté de désamorcer les tensions en évoquant la loi de finances rectificative et la facture normalisée. « Le Gouvernement est en train de rassurer le secteur privé sur un certain nombre de sujets. Il a notamment été évoqué certaines dispositions prévues dans la loi de finances rectificative ainsi que les discussions en cours autour de la facture normalisée », a-t-il souligné.

Derrière ce discours rassurant se cache un aveu implicite. Il s’agit de l’instabilité fiscale a échaudé les investisseurs. En mettant l’accent sur la reprise du fonctionnement des mécanismes de création d’entreprises, l’exécutif tente de prouver que la machine administrative, autrefois grippée, redémarre enfin.

L’enjeu de l’informel, le géant à apprivoiser

Le dossier de la formalisation des activités informelles est crucial. Pour le Gouvernement, il ne s’agit pas seulement d’encadrement, mais d’une nécessité vitale d’élargir l’assiette fiscale pour desserrer l’étau sur les entreprises déjà déclarées.

Le Patronat, un soutien conditionné

Du côté des entreprises, le ton est au soulagement vigilant. Simon Muamba administrateur délégué de la COPEMECO, a rappelé les fondements du contrat social économique. « Les entreprises contribuent au paiement des impôts afin de permettre au Gouvernement de disposer des moyens nécessaires à sa politique. C’est pourquoi nous dialoguons avec le Gouvernement pour que le commerce s’exerce dans un climat de transparence et de redevabilité », a-t-il indiqué. Le patronat accepte de payer, mais exige un « retour sur investissement » immédiat par la fin des tracasseries administratives et des contrôles intempestifs.

La Feuille de Route, juge de paix

L’innovation majeure réside dans la création d’une feuille de route détaillée. Ce document servira de boussole et de moyen de pression. En identifiant les ministères responsables et en fixant des échéances, Judith Suminwa sort de la politique des effets d’annonce pour entrer dans celle de la redevabilité. Le patronat est désormais un « partenaire privilégié », mais l’État est désormais sous surveillance trimestrielle.

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