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20 milliards USD perdus dans les mines en RDC : Scandale économique à stopper d’urgence ou effet de com’ de l’ARSP ?

​Entre la réalité chiffrée d’une fuite massive de capitaux et le scepticisme des observateurs, décryptage d’une annonce qui secoue le secteur minier.

​L’annonce de l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP) a fait l’effet d’un coup de tonnerre : la RDC perdrait chaque année près de 20 milliards de dollars américains dans la sous-traitance minière. Ce chiffre astronomique, supérieur au budget général de l’État, divise l’opinion. S’agit-il de la mise à nu d’un pillage systémique ou d’une stratégie de communication du régulateur ?

Un scandale réel, un siphonnage structurel

Pour les partisans du scandale, ce montant traduit une réalité amère : la captation de la valeur minière au détriment des PME locales. Malgré la loi de 2017 réservant la sous-traitance aux capitaux congolais, le secteur souffre de dérives ancrées :

  • Le recours aux « prête-noms » : Des hommes de paille prêtent leur identité à des groupes étrangers pour contourner la loi.
  • L’évasion des plus-values : L’usage de filiales hors-sol et de prix de transfert surévalués assèche l’assiette fiscale.
  • ​La relégation des PME locales : Cantonnées aux services secondaires (nettoyage, restauration), les entreprises congolaises restent exclues des contrats majeurs.

    ​Doutes et limites du régulateur

Chez les économistes et analystes miniers, la réserve prévaut face à la déclaration du régulateur :

  • Une méthodologie floue : L’absence de modèle économétrique public rend le calcul des 20 milliards difficilement vérifiable.
  • Le risque du slogan : Avancer un chiffre choc capte l’attention, mais risque d’éroder la crédibilité publique à défaut de recouvrements effectifs.
  • Les capacités de contrôle : Assainir un secteur si complexe exige des moyens techniques et juridiques dont l’ARSP doit encore faire la preuve.

​Convertir la dénonciation en résultats

Que le chiffre soit exact ou surévalué, le problème de fond demeure, car la RDC ne capte qu’une fraction marginale de ses richesses. Pour dépasser l’effet d’annonce, l’ARSP doit imposer la transparence des bénéficiaires effectifs, soutenir la création de consortiums nationaux et privilégier des audits rigoureux. L’heure n’est plus aux déclarations, mais aux preuves.
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