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Paradoxe congolais : une pression fiscale à 91% menace l’expansion 4G/5G et l’accès à internet (Rapport)

La République Démocratique du Congo fait face à un défi numérique majeur. Selon une nouvelle étude choc de la GSMA (Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile) de juin 2025, le secteur des télécommunications mobiles, vital pour la connectivité et la transformation numérique en RDC, subit une pression fiscale disproportionnée.

Avec un taux effectif moyen d’imposition (TEMI) de 91 %, contre 71 % pour le secteur minier et 34 % pour la finance, cette fiscalité excessive freine les investissements et menace l’inclusion numérique. L’organisation appelle à une réforme urgente pour libérer le potentiel digital du pays et éviter d’étouffer cette « nouvelle révolution mondiale ».

Un déséquilibre flagrant

Le secteur des télécommunications en Afrique est au cœur d’un débat houleux, et la République Démocratique du Congo en est un cas d’école. Dans son rapport percutant « Mobile Sector Taxation : Comparative Fiscal Burden in DRC Digital Infrastructure Policy Brief » (juin 2025), la GSMA dénonce une fiscalité abusive qui compromet l’avenir numérique du pays. Vingt taxes différentes pèsent sur les opérateurs mobiles, menaçant directement leur rentabilité et leur capacité à étendre les services numériques à l’échelle nationale.

L’étude, basée sur des données et analyses d’Ernst & Young LLP, révèle un chiffre alarmant : le Taux Effectif Moyen d’Imposition (TEMI) atteint 91% pour le secteur mobile. C’est un déséquilibre flagrant comparé aux 71% du secteur minier ou aux 34% de la finance de détail. La GSMA explique que seulement 8% de la charge fiscale des télécoms est basée sur les bénéfices, le reste provenant de taxes sur le chiffre d’affaires et d’autres prélèvements fixes, contrairement aux secteurs minier (35% sur les bénéfices) et financier (54% sur les bénéfices).

Des projets moins viables

Cette fiscalité prohibitive a des conséquences directes, car elle réduit drastiquement la capacité opérationnelle des entreprises. Les opérateurs peinent à investir dans la modernisation et l’extension des réseaux, notamment vers les zones rurales et enclavées, rendant les projets cruciaux comme la couverture 4G et l’arrivée de la 5G moins viables. De plus, les droits d’accise augmentent les coûts pour les consommateurs, limitant l’adoption d’Internet mobile et le potentiel de transformation digitale dans des domaines vitaux comme l’éducation, la santé ou l’agriculture.

La GSMA, qui milite pour un allègement fiscal, avait déjà démontré en 2023 qu’une suppression de ces taxes augmenterait la couverture rurale 3G et 4G de plus de trois points de pourcentage, touchant près de 1,5 million de personnes, et stimulerait l’adoption du mobile et de l’Internet mobile. Alors que les autorités congolaises cherchent à élargir leur base fiscale, l’organisation insiste sur le fait que les télécoms, pourtant comparables aux industries minière et financière en termes d’investissements et de marges, ne devraient pas être pénalisées au détriment de l’inclusion numérique et de la croissance économique de la RDC. Le dialogue s’intensifie entre la nécessité budgétaire de l’État et l’impératif de développer une infrastructure numérique robuste.

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