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Après le règne du chaos, l’heure du contrôle : le Gouverneur lance l’audit des sites miniers d’Irumu

Noyaux de tensions et catalyseurs de conflits fonciers coutumiers, les sites miniers du territoire d’Irumu étaient jusqu’alors des zones de non-droit. Le Commandant des opérations et Gouverneur militaire de l’Ituri engage désormais la force de l’État pour y restaurer l’ordre. Dans le sillage des opérations menées à Djugu, une commission de contrôle a initié ses premières inspections sur les chantiers miniers de la chefferie de Baboa Bokoe, notamment à Central Soleniama et Kabarole, pour sonder les plaies d’une exploitation anarchique et y imposer la loi.

C’est une étape décisive dans la reconquête de l’autorité de l’État en Ituri. Après des mois d’opérations militaires ayant pacifié la région, une commission de régulation, mandatée par le gouverneur militaire, a entamé une inspection rigoureuse de quatre sites miniers majeurs dans le groupement de Baboa Bukué, en territoire d’Irumu. L’objectif est triple : évaluer l’ampleur de la dégradation environnementale, collecter des données de production fiables et, surtout, imposer une traçabilité stricte des minerais pour assécher les circuits de financement illégaux.

Le périple de la commission a débuté par des sites de premier plan : le chantier de renommée « Mondiale » à Centrale Soleniama, suivi de ceux de Kinama, Gold Mining et El Jiré. Partout, le même constat d’une exploitation longtemps laissée à elle-même.

Mais c’est dans le groupement voisin de Kabarole que la situation s’est avérée la plus explosive. Le site « Mapendo », premier à être inspecté dans cette zone, se trouve au cœur d’une poudrière foncière. L’exploitation minière y a provoqué le déplacement brutal du lit de la rivière Chari, engendrant une destruction flagrante de l’écosystème et ravivant un violent conflit de limites entre chefferies, le tout en violation manifeste des dispositions légales.

Le témoignage d’un chef coutumier, recueilli sur place, est accablant et révèle l’ampleur de sa mise à l’écart. « Je n’avais aucun rapport là où nous travaillons. Ils travaillent ici et même de l’autre côté, mais sans aucun rapport. En principe, on devait partager le rapport, mais je me suis rendu compte que j’étais isolé. Je voulais remonter cela à la hiérarchie, car je me suis rendu compte que je n’avais aucune importance, car n’ayant aucun rapport« , a-t-il affirmé.

En s’attaquant à ces coopératives qui déploient des engins lourds en toute impunité, le Lieutenant-Général Johnny Luboya matérialise la vision du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo : démanteler la mafia et l’économie criminelle qui gangrènent le secteur minier. Plus qu’un simple contrôle administratif, cette offensive vise à garantir que les richesses de l’Ituri profitent enfin à son peuple, condition sine qua non pour un retour durable de la paix.

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