Le Franc Congolais (FC) s’affiche en hausse spectaculaire, passant de 2800 à 2246 FC pour un dollar selon la Banque Centrale, mais ce triomphe monétaire ne se traduit pas dans le quotidien. L’économiste Dieudonné Kasongo Mulamba dénonce ce paradoxe du décalage : l’appréciation est une simple illusion statistique pour les citoyens. Il explique ce phénomène par la dollarisation massive du pays et la rigidité des prix, quilimitent l’impact positif de la tendance à l’appréciation monétaire sur le bien-être des populations.
Le contraste : succès statistique, échec social
L’analyse de Dieudonné Kasongo Mulamba met en lumière le fossé entre les performances macroéconomiques et la réalité vécue par les ménages congolais. Alors que l’appréciation du FC (moins de FC nécessaires pour acheter un dollar) devrait, en théorie, rendre les importations moins chères et augmenter le pouvoir d’achat, on observe une dépréciation du pouvoir d’achat au niveau du marché.
L’économiste rappelle que la valeur d’une monnaie repose sur la confiance en sa capacité à maintenir son pouvoir d’échange. Or, dans le cas congolais, cette confiance est minée par des facteurs structurels profonds.
La prison des facteurs Interconnectés
M. Kasongo Mulamba pointe du doigt la combinaison explosive de contraintes qui neutralisent l’effet positif de la tendance à l’appréciation. Il s’agit notamment du « taux élevé de dollarisation » et des « rigidités de prix ».
Les biens et services de base étant fixés en dollar, les commerçants n’ajustent pas leurs prix à la baisse, préférant garder leurs marges, même si l’achat du dollar leur coûte moins cher. De plus, l' »inflation importée » et la « forte dépendance extérieure » de l’économie maintiennent un coût élevé des produits à la source.
En substance, l’économiste insiste sur la nature inévitable de ce décalage. « Il est naturel que dans une économie fortement dollarisée et extravertie, l’appréciation de la monnaie nationale ne soit pas directement accompagnée d’une appréciation du pouvoir d’achat », a-t-il souligné. Ce diagnostic est un appel direct aux politiques publiques pour réformer les fondations de l’économie.

Journaliste économique, je décrypte l’actualité financière et les tendances du marché. Spécialiste en communication des organisations, j’analyse leurs stratégies. Consultant, j’élabore des stratégies de communication globale percutantes pour les entreprises. Mon expertise se situe à l’intersection de l’économie, de la communication et du conseil.



