L’histoire du jeune Barreau du Kasaï, portée par le professionnalisme et les succès de son pionnier, le Bâtonnier Isaac Tambwe Longombe, est aujourd’hui entachée par une crise de succession orchestrée. L’homme qui a bénéficié de la confiance unanime de ses pairs, réélu deux fois avec un score inégalable de 100 % des voix, se retrouve victime d’une « incompréhension et d’un complot ourdi » au moment même où il cherche à se retirer.
Le Bâtonnier Tambwe laisse un actif impressionnant pour une structure de moins de 100 avocats : l’unité, la cohésion, et l’acquisition d’une Maison du Barreau et d’une salle polyvalente portant son nom. Pourtant, sa volonté d’assurer une passation de pouvoir pacifique et civilisée est contrecarrée par l’obstruction de son propre Conseil de l’Ordre (CO).
Le CO s’oppose « imperdumment et sans raison » à se réunir, forçant le report de l’Assemblée Générale Élective (AGE) du 14 au 30 octobre 2025. Derrière ce blocage, l’entourage du Bâtonnier perçoit un double jeu. Il s’agit de la volonté des membres du CO, dont le mandat est largement échu, de ne pas lâcher leurs fauteuils, voire un « éventuel achat de conscience » par un candidat souhaitant prendre le Barreau en otage.
Cet homme de grande réalisation, qui a hissé son Barreau sur la scène nationale et internationale, a dû saisir le CNO pour dénoncer les faits qui lui sont reprochés. L’issue de cette guerre d’influence déterminera l’avenir et la crédibilité de la justice au Kasaï.



