Après un embargo de huit mois, la RDC, premier producteur mondial, a autorisé la reprise des exportations de cobalt sous un régime de quotas stricts. Cette politique de restriction de l’offre a eu l’effet escompté. Le prix du cobalt a plus que doublé depuis février 2025, atteignant 44 000 dollars la tonne. Cependant, ce succès stratégique est menacé par le risque de substitution. Le marché est désormais un champ de tension où la volonté congolaise de maximiser les prix se heurte à la menace des fabricants de batteries de se détourner du métal.
L’équilibre fragile entre demande et substitution
La stratégie de la RDC vise à réduire l’excédent mondial et à stabiliser les prix. Mais, comme l’a averti Kenny Ives, directeur commercial de CMOC, un des géants du secteur, « Si vous privez les unités en aval de cobalt, il existe clairement différentes options chimiques et les Chinois et d’autres se tourneront vers d’autres solutions », Cette mise en garde fait écho à la montée en puissance des batteries lithium fer phosphate (LFP).
Cependant, les prévisions du Cobalt Institute nuancent l’inquiétude en anticipant une hausse de la demande mondiale de cobalt de 4 % en 2025 et 6 % en 2026. Pour des experts comme William Talbot de Benchmark Mineral Intelligence, si la part du LFP augmente, le NCM (contenant du cobalt) « restera important, en particulier sur les marchés occidentaux ».
Avec un volume d’exportation maximal fixé à 18 125 tonnes pour le dernier trimestre 2025, la RDC joue une partie serrée. Kinshasa parie sur la demande essentielle du cobalt dans la batterie des véhicules électriques à longue portée, mais devra ajuster sa stratégie en fonction de l’évolution des prix et de la véritable vitesse de l’innovation de substitution.

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