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Retombées du forum USA-RDC : Comment le DG Kankonde de l’INERA transforme les alliances américaines en piliers du renouveau agronomique en RDC

Dominique Kankonde, le Directeur Général de l’INERA et ancien expert du Ministère des Mines, revient du Forum USA-RDC avec une stratégie de rupture. Ce manager d’expérience, nommé il y a deux ans, a su nouer des contacts cruciaux, notamment avec les Universités Howard et du Maryland, ouvrant la voie à la signature prochaine de MOU qui transféreront des technologies agronomiques vitales à la RDC.

Face à la reconnaissance de l’expertise de l’INERA (création de variétés, suivi de projets comme PURPA), Kankonde insiste sur la capacité de l’Institut à concrétiser de grands projets, malgré l’historique de la recherche comme « parent pauvre ».

L’avenir est tracé. L’INERA est désormais au cœur des priorités nationales, chargé du lancement des États Généraux de la Recherche Agronomique et d’opérations stratégiques comme le déploiement des pôles agro-pastoraux dans les 145 territoires. Sous son impulsion, l’INERA travaille à son autonomisation financière et se positionne comme le pivot technique du grand projet du Couloir Vert, concrétisant la volonté politique en une véritable révolution agronomique. Dans les lignes qui suivent, savourez l’intégralité de l’entretien qu’il a accordé à progreseco.com :

Frank Djodjo Mulamba (FDM) : Monsieur le Directeur Général de l’INERA, Dominique Kankonde, vous revenez d’une mission officielle aux États-Unis d’Amérique où vous avez participé au Forum USA-RDC sur les investissements tenu à Washington du 14 au 15 octobre dernier. Quels sont les bénéfices tangibles que l’INERA a retirés de cette mission ?

Dominique Kankonde (DK) : Je rentre effectivement d’une mission aux États-Unis d’Amérique, à Washington, où nous avons pris part au Forum Économique d’Investissements USA-DRC. Cet événement de haut niveau a constitué un rassemblement stratégique pour les décideurs politiques et les investisseurs. Son objectif primordial était de relancer le dialogue entre les opérateurs économiques, de renforcer les liens économiques, mais surtout d’explorer les mécanismes aptes à susciter des opportunités d’affaires en RDC. Nous sommes, il faut le souligner, très demandeurs, car la RDC regorge d’opportunités, pourtant souvent méconnues. Il est donc impératif de diffuser l’information pertinente à un pays-continent comme les États-Unis.

Pour votre information, une importante délégation de la RDC, conduite par la Première Ministre Judith Suminwa, a participé activement à cette conférence. Bien que l’événement ait eu lieu du 14 au 15 octobre, ces trois jours ont également été jalonnés de rencontres bilatérales. La délégation congolaise comprenait des ministres, des directeurs généraux et des représentants des services de la Présidence. Côté américain, des officiels de haut rang, des représentants du Secrétaire d’État américain, et des investisseurs étaient présents.

La journée inaugurale du 14 a été marquée par le discours d’ouverture et d’autres allocutions visant à orienter l’intérêt des participants vers la RDC. Nous noterons, entre autres, l’intervention du ministre Julien Paluku, qui excelle dans l’approche marketing pour attirer les investisseurs étrangers. Le vice-ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a également pris la parole, car l’insécurité est souvent un facteur de réticence pour l’investissement. Son discours visait à sécuriser le cadre d’évolution des partenaires. Le ministre de la Communication et Médias, le Directeur Général de l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance du Secteur Privé, ainsi que les Gouverneurs du Haut-Katanga et du Lualaba ont également participé pour rassurer les investisseurs américains.

La deuxième partie de la journée fut consacrée à des travaux en panels thématiques. Notre présence s’inscrivait dans la thématique « Éducation et Recherche ». Conformément à l’usage, c’est normalement la ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire et de la Recherche Scientifique qui expose la matière. Bien qu’elle ait initialement délégué le professeur Malela, elle a finalement accompli elle-même cette tâche. Elle a présenté le cadre de nos enseignements et les opportunités de collaboration entre nos universités et instituts nationaux.

Au-delà des sessions formelles, des contacts bilatéraux étaient essentiels pour le marketing de chaque institution et l’établissement de nouvelles connexions. Nous avons ainsi eu l’opportunité de consulter le consortium de recherche, en la présence du Professeur Stéphane Tubene, Doyen de la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université du Maryland.

En ce qui concerne l’INERA, en tant qu’institution de recherche agronomique, notre démarche était proactive et visait à nous faire connaître. Nous avons sollicité des chercheurs agronomes et des universités, notamment en visitant l’Université Howard à Washington, accompagnés par le professeur Tubene, afin d’ouvrir de nouvelles voies de collaboration. Le professeur Tubene nous a par la suite conviés à l’Université du Maryland. Ces échanges nous ont permis de nous entretenir avec un chercheur qui avait déjà présenté en RDC des produits fertilisants destinés à la protection des sols contre les nuisibles et à l’amélioration de la croissance des cultures. Ce produit, déjà étudié et certifié par le ministère de l’Industrie, requiert l’intervention de l’INERA pour toute application en RDC.

Nos interlocuteurs ont saisi cette occasion pour initier un partenariat. Ils nous ont fourni l’échantillon, le catalogue et la documentation complète. Cela marquera l’ouverture de contacts qui devraient aboutir à la signature d’un Protocole d’Entente (MOU). C’est après nos propres essais et expérimentations que nous serons en mesure de conseiller la RDC quant à la vulgarisation de ce produit, pour lequel nous anticipons un marché. Ce Forum représente une première participation pour l’INERA et nous estimons que son impact sera positif, laissant entrevoir la signature prochaine d’autres mémorandums.

FDM : L’INERA a établi de nouveaux contacts aux États-Unis et prépare la signature prochaine de MOU. Considérez-vous que l’Institut est désormais en mesure de concrétiser de grands projets avec ces institutions ?

DK : Absolument. L’INERA, l’Institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomique, a pour vocation de promouvoir le développement scientifique de l’agriculture. Il est l’institution en amont de la filière agricole, cruciale pour la création de variétés de cultures adaptées à notre environnement et à la demande nationale. Sa mission est d’une importance capitale. Certes, mon arrivée il y a deux ans s’est faite sans expertise préalable dans le domaine, mais tout citoyen congolais digne de ce nom se doit de s’adapter. Il est de notre devoir de cerner les attentes vis-à-vis de notre organisation et de nous assurer qu’elle réponde aux besoins du pays. Il est vrai que, historiquement, la recherche est considérée comme un parent pauvre, ce qui a limité nos soutiens financiers.

Néanmoins, il faut reconnaître, sans ingratitude, l’existence de partenaires qui ont permis de relancer nos activités. L’INERA n’est pas restée inactive face au manque d’appui étatique. Ces partenariats ont permis à nos agents de travailler et de démontrer nos capacités. Aujourd’hui, la reconnaissance de l’INERA s’explique par notre engagement.

Nous bénéficions de projets majeurs de la Banque Africaine de Développement (BAD), tels que PADCA et PURPA, dont l’impact est visible sur nos sites à travers le pays. Certains de nos centres de station font d’ailleurs l’objet de pressions des gouvernements provinciaux qui demandent quand l’INERA sera prête à fournir les semences. Cette sollicitation témoigne de la pertinence de l’INERA. Nous acceptons volontiers que l’on se tourne vers nous. L’opportunité que nous a offerte le Forum USA-RDC est donc primordiale, car elle rehausse l’image de notre institution.

FDM : Quelles sont les perspectives d’avenir de l’INERA ?

DK : Actuellement, notre préoccupation majeure est le lancement des États Généraux de la Recherche Agronomique. Cet exercice nous permettra d’élaborer des plans stratégiques clairs, assortis d’horizons temporels précis, nous offrant ainsi une feuille de route pour une progression régulière. C’est un projet ambitieux pour lequel nous sollicitons les moyens de l’État.

Quant aux autres projets, le gouvernement a récemment affirmé sa responsabilité en nous engageant dans de grandes initiatives. Je pense notamment au projet de création des pôles agro-pastoraux, visant à implanter un pôle dans chacun des 145 territoires. Le gouvernement s’appuie sur l’INERA car nous disposons des infrastructures nécessaires, des centres et, surtout, de l’expertise requise. Ces infrastructures doivent être réhabilitées pour répondre simultanément aux besoins des centres de station et aux exigences nationales.

De plus, l’État a impliqué l’INERA dans le grand projet du Chef de l’État, le Couloir Vert, dont l’objectif est de rétablir la végétation. Tandis que l’ICCN s’occupera de la conservation, l’INERA est l’acteur principal pour la plantation : c’est notre rôle de créer, de multiplier les espèces et les variétés. L’INERA est au cœur de multiples projets étatiques. Nous avons, par ailleurs, initié nos propres projets en instruisant nos représentants de relancer et redynamiser la direction de production. Cet instrument, légué par arrêté ministériel, est essentiel pour que l’INERA puisse tendre vers l’autonomisation en générant ses propres ressources. La recherche requiert des financements, et il nous incombe d’utiliser les outils mis à notre disposition par l’État pour assurer son financement. Nous envisageons l’avenir avec optimisme.

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