Après des mois de sensibilisation vaine (Retour à la norme, Balabala eza wenze te), le Gouverneur Daniel Bumba a lancé l’opération d’urgence d’assainissement et d’embellissement de Kinshasa. Soutenue par la BSP/BESK, la RASKIN et l’armée, cette initiative vise à redorer l’image de la capitale par l’évacuation des déchets et l’éradication des marchés pirates le long des artères principales, de l’aéroport de N’Djili à Kintambo. Cependant, cette action spectaculaire, inscrite dans le programme Kinshasa Ezo Bonga, soulève une critique. S’agit-il d’une solution durable ou d’une simple mesure cosmétique face à l’anarchie urbaine structurelle ?
L’ordre public face au mur de la survie quotidienne
L’opération a démarré avec force sur le boulevard Lumumba, le Gouverneur supervisant lui-même la démolition d’infrastructures anarchiques au marché de la Liberté, marquant le début du retour à l’ordre public. L’ambition est louable : égager la colonne vertébrale de Kinshasa (Boulevard Lumumba, 30 Juin, etc.) en évacuant les déchets, curant les égouts et installant des bacs.
Cependant, le caractère d’urgence de l’opération trahit l’absence de solutions pérennes. Le problème des marchés et garages pirates n’est pas seulement esthétique, car il est le reflet d’une crise économique profonde et du manque d’infrastructures formelles. En se concentrant uniquement sur les artères principales, l’autorité urbaine risque de ne faire que déplacer l’anarchie vers les quartiers périphériques, sans résoudre le dilemme central.
Où doivent travailler et vivre les milliers de personnes dont les kiosques sont démolis ? L’opération, bien qu’impérative, sera jugée sur sa capacité à proposer une alternative sociale et économique à ceux qu’elle évince, et non sur la seule brillance éphémère de ses boulevards.

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