Avec un score plébiscitaire de 413 voix, l’Assemblée nationale a propulsé Aimé Boji Sangara, ex-Ministre du Budget, à sa tête. Cette élection, verrouillée par l’Union Sacrée, soulève une question critique et métaphorique sur le contrôle budgétaire. Le nouveau Président est-il un « Berger du Budget » qui veillera sur les deniers publics, ou un « Loup dans la Bergerie » qui protègera l’Exécutif qu’il vient de quitter ? Dans son discours, Boji a insisté sur l’amélioration des conditions des élus, promettant une rémunération adéquate, régulière à l’échéance. Si cette priorité répond à la dignité des députés, l’analyse critique est sans appel, car il devra prouver, par un contrôle parlementaire rigoureux, transparent et constructif, que son expertise financière sera mise au service de la Nation et non de la simple légitimation des dépenses gouvernementales.
L’arrivée d’Aimé Boji au perchoir marque une prise de contrôle nette du Législatif par l’Union Sacrée. Son profil, alliant une longue expérience parlementaire (treize années) et une connaissance intime de l’Exécutif (Ministre du Budget), est au cœur des enjeux du contrôle budgétaire.
Boji Sangare a promis de transformer le rôle de l’Assemblée en s’engageant à identifier des projets de développement prioritaires à soumettre au Gouvernement pour une prise en charge dans le Budget d’investissement de l’Etat. Cette approche proactive est saluée, mais elle efface la ligne de démarcation entre légiférer et exécuter.
Le défi majeur sera de garantir l’impartialité de l’Assemblée. Le nouveau président de l’Assemblée nationale Boji se dit partisan d’un contrôle parlementaire objectif, patriotique et orienté vers les résultats. Or, son propre discours, qui commence par rendre hommage ému et profonde gratitude au Président Tshisekedi, témoigne d’une allégeance politique forte. La vraie bataille du contrôle budgétaire commencera avec la Loi de finances 2026. Le remplaçant de Vital Kamerhe devra alors choisir entre utiliser sa rigueur pour auditer sans complaisance les dépenses de l’État et devenir le facilitateur des projets de l’Exécutif.

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