En RDC, la sécurité alimentaire est d’abord une équation comptable dramatique : la production nationale ne couvre que 35 % des besoins de la population, contraignant le pays à importer chaque année plus de 800 000 tonnes de riz. Face à ce gouffre financier et à cette fuite massive de devises, la recherche scientifique et la politique économique coordonnent leurs efforts pour inverser la tendance.
Le Diagnostic de la Recherche, Sécuriser la Semence pour Booster les Rendements
En amont, l’Institut National pour l’Etude et la Recherche Agronomiques (INERA) renforce la chaîne de valeur via le projet PURPA. Dans le cadre de la mise en œuvre de ce dernier, des inspecteurs du SENASEM et les agrimultiplicateurs sont former sur la production des semences certifiées de prébases et de bases.
»Un des problèmes, c’est le manque d’encadrement ou l’absence aussi de la semence de qualité en quantité suffisante pour cette denrée. (…) C’est dans ce contexte que cette formation est organisée pour renforcer les différents maillons de la filière », explique le chercheur Daniel Dibwe.
Aujourd’hui freinée par le faible rendement du riz pluvial, la filière doit impérativement moderniser son appareil de production. « C’est là où nous lançons un appel vibrant au gouvernement de soutenir l’INERA avec des renforcements de capacités, des infrastructures (…) pour développer le riz irrigué, le riz de bas fond et pourquoi pas parler aussi aujourd’hui du riz hybride« , insiste le chercheur.
Le Pari Économique de Bumba, un Choc d’Offre pour Reprendre le Contrôle du Marché
Sur le plan opérationnel, cette ambition prend corps dans le Nord-Ouest. Lancé ce 16 juillet 2026 sous l’impulsion du Ministère de l’Économie nationale avec le FOREC et la Société Rizicole de Bumba (SRB), le projet « Riz Bumba, Loso na Biso » déploie un modèle intégré : 30 000 producteurs encadrés, 7 unités de transformation industrielle et un cap fixé à 250 000 tonnes de riz d’ici 2030.
L’impact macroéconomique sera direct. En injectant 250 000 tonnes de riz local par an sur le marché national, le projet permettra d’absorber directement près de 30 % des 800 000 tonnes importées. Une économie stratégique de devises pour le Trésor public et une étape décisive pour faire passer la couverture alimentaire nationale au-delà de la barre symbolique des 50 %.

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