En annonçant, mardi 27 octobre 2026, l’injection de 30 millions de dollars US par le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) pour démarrer les travaux du barrage hydroélectrique de Mbombo, la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka veut envoyer un signal fort. Érigée sur la rivière Lulua à 15 km de Kananga, cette centrale de 20 MW vise à combler un déficit énergétique historique qui paralyse le Kasaï-Central.
Sur le plan économique, cette intervention étatique répond à une logique de capital d’amorçage. Avec un coût global évalué à 120 millions de dollars US, le projet repose sur un montage en Partenariat Public-Privé (PPP) via la société dédiée Hydro Mbombo SAS (conjointe au FPI et à l’ANSER). La libération des 30 millions de l’État vise d’abord à rassurer les investisseurs privés en absorbant les risques initiaux, condition indispensable pour concrétiser les 90 millions de dollars de financements complémentaires attendus.
Le spectre de Katende et le défi d’exécution
Toutefois, la concrétisation du barrage de Mbombo heurte des contraintes structurelles majeures
- L’enclave logistique : L’acheminement des équipements lourds vers le Kasaï-Central exige la réhabilitation effective des corridors de transport (ferroviaire et routier), un goulot d’étranglement historique dans la région.
- Le précédent de Katende : Les populations locales gardent en mémoire les retards répétés du barrage de Katende. Sans un calendrier d’exécution strict et une gouvernance transparente des fonds, le risque de surcoûts budgétaires demeure élevé.
- Le modèle de recouvrement : Rentabiliser une infrastructure de 120 millions $ exige une solvabilité des usagers industriels et ménagers, un défi dans une économie provinciale encore peu industrialisée.
Un pari d’industrialisation sous conditions
La promesse de Mbombo ne deviendra un véritable vecteur de développement qu’à condition d’aligner l’offre énergétique avec l’implantation d’unités de transformation agricole et minière locales, seules capables de rentabiliser l’ouvrage à long terme.

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