Accéder à l’eau potable est un droit fondamental garanti par l’article 48 de la Constitution. Pourtant, la Régideso ploie depuis des années sous le fardeau des impayés de l’État, entravant ses capacités de production et de distribution. Lors de la 98ᵉ réunion du Conseil des Ministres, le Président Félix-Antoine Tshisekedi a posé un acte fort. Pour lui, l’État ne peut plus être le premier freineur du service public de l’eau.
Le Chef de l’État a fermement instruit le Vice-Premier Ministre en charge du Budget et le Ministre des Finances de présenter sans délai un état actualisé des créances de la Régideso. L’injonction ne s’arrête pas à un simple constat comptable, mais elle exige un calendrier ferme d’apurement des arriérés et la mise en place d’un mécanisme verrouillé pour empêcher toute reconstitution de cette dette à l’avenir.
Cette orientation marque un tournant stratégique majeur. Comment exiger de la Régideso une rigueur de gestion, des exigences de performance et des infrastructures modernes si sa propre trésorerie est asphyxiée par son actionnaire principal ? En assainissant les relations financières entre le Trésor public et l’opérateur national, l’Exécutif redonne de l’air à une entreprise clé.
Cette clarification financière constitue le socle indispensable du Pacte présidentiel pour l’eau, qui vise 60 % d’accès à l’eau potable d’ici 2035. En réglant ses propres factures, le gouvernement ne fait pas qu’assainir ses comptes : il prend ses responsabilités pour transformer un droit constitutionnel théorique en réalité quotidienne pour des millions de citoyens.

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