Alors que la 96e réunion ordinaire du Conseil des ministres s’est penchée sur les sujets sécuritaires et monétaires habituels, l’exécutif a pris acte d’un rapport majeur. Il s’agit du recensement des entreprises industrielles. Les chiffres traduisent une avancée spectaculaire de l’appareil productif, mais révèlent également une importante fracture géographique.
Selon les données présentées au gouvernement, la RDC est passée de 525 unités industrielles en activité en 2017 à 1 226 en 2025, soit une progression globale de +133 %. Ce bond quantitatif témoigne du regain d’attractivité du pays et des efforts déployés pour renforcer le tissu productif national.
Cependant, cette dynamique cache un fort déséquilibre territorial. À elles seules, trois provinces concentrent plus de 54,5 % de l’ensemble des usines en activité dans le pays :
- Kinshasa avec 264 unités ;
- Le Haut-Katanga avec 188 unités ;
- Le Lualaba avec 101 unités.
Le reste des provinces se partage ainsi le solde, traduisant une industrialisation à deux vitesses.
Un enjeu de croissance inclusive
Cette réalité soulève une question économique fondamentale. Un tel accroissement du nombre d’entreprises peut-il véritablement stimuler le progrès économique national si plus de la moitié de la production reste confinée dans deux grands hubs logistiques et miniers ?
Si la concentration géographique offre des avantages comparatifs immédiats (accès aux ports, marchés de consommation et infrastructures énergétiques), elle accentue la dépendance des zones périphériques aux importations et freine la création d’emplois locaux.
En prenant acte de ce diagnostic, le gouvernement pose les bases d’une planification industrielle plus rigoureuse. L’enjeu majeur consistera désormais à réorienter les financements, notamment à travers le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), pour inciter à la décentralisation des usines et garantir un développement équilibré sur toute l’étendue de la République.


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