À Libreville, le dialogue au sommet entre Félix Tshisekedi et Brice-Clotaire Oligui Nguema s’est scellé par trois instruments juridiques majeurs axés sur la diplomatie, l’exemption réciproque de visas et la coopération générale.
La visite annoncée dans la Zone économique spéciale de Nkok traduit une ambition industrielle évidente : sortir du schéma extractif brut pour bâtir une transformation locale du bois et des ressources. Mais au-delà des poignées de main diplomatiques, le contraste reste saisissant entre les discours d’intention et la réalité des échanges économiques bilatéraux.
La réalité crue des chiffres
Un commerce régional résiduel : Les échanges commerciaux au sein de la CEEAC peinent toujours à dépasser la barre des 5 % du commerce global de la région.
Une marginalité économique : Le flux commercial RDC-Gabon représente moins de 1 % du volume global des importations et exportations gabonaises, le Gabon réalisant plus de 60 % de ses ventes avec l’Asie et près de 50 % de ses approvisionnements avec l’Europe.
Cette faible intégration s’explique par la lourdeur des barrières non tarifaires, la faiblesse des investissements croisés et l’absence d’infrastructures de transport directes reliant le bassin du Congo.
Calculs géopolitiques et diplomatie d’influence
Derrière l’agenda économique se joue un repositionnement stratégique. Kinshasa cherche à consolider ses alliances régionales pour garantir la stabilité à l’Est, tandis que Libreville affine son retour sur la scène internationale post-transition. Le soutien gabonais accordé à la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de secrétaire général de l’OIF illustre cet alignement politique.
« Je me réjouis d’avoir, à travers le président Brice Clotaire Oligui Nguema, un partenaire à la fois pour la paix et pour le développement. Il a exactement la même vision que moi de ce qu’il faut faire pour nos pays », a déclaré Félix Tshisekedi.
Si l’exemption de visas facilite le mouvement des personnes, elle ne suffira pas à elle seule. Sans une levée concrète des goulots d’étranglement logistiques et un cadre sécurisé pour stimuler les investissements privés, cette nouvelle alliance risquerait de s’ajouter à la longue liste des traités régionaux restés sans lendemain.

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