La Première Ministre Judith Suminwa a brandi le plan de 5 milliards USD pour les Kivus, conditionné à une traçabilité sans faille des minerais 3T à Genève. C’est une stratégie louable visant à transformer les ressources minières en levier de paix et développement. Toutefois, cette rencontre de haut niveau révèle un double jeu dangereux. Le Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a dénoncé l’urgence d’arrêter cette hypocrisie internationale autour du commerce illicite.
Protection des ressources : l’heure de l’action interne
Si l’hypocrisie existe chez les acheteurs finaux, la critique doit d’abord commencer à Kinshasa. L’effort de traçabilité et de protection des minerais n’est pas uniquement un standard étranger mais c’est d’abord un effort de souveraineté fiscale et sécuritaire interne. La RDC ne peut se contenter d’accuser les acheteurs et voisins si elle ne consolide pas son contrôle des sites miniers et des frontières.
Comme l’a souligné Alexandre Liebeskind, l’objectif est de « rendre la paix plus profitable que la guerre». Pour que ce ne soit pas qu’un vœu pieux, les autorités congolaises doivent se concentrer sur l’application militaire et fiscale interne. C’est en garantissant que les normes OCDE et CIRGL soient appliquées rigoureusement sur le terrain que la RDC forcera ses partenaires à un engagement réel, cessant ainsi de reporter la faute de l’inertie interne.


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