Alors que la Commission européenne intensifie sa quête de minéraux critiques, avec 4 projets africains sur sa liste stratégique du CRMA (Loi sur les Matières Premières Critiques), l’Afrique positionne ses propres exigences. Loin de se contenter d’être un simple fournisseur de matières brutes, des pays comme la RDC, le Zimbabwe ou la Namibie placent désormais la transformation locale et le contenu local au cœur de leurs stratégies minières, redessinant les règles du jeu pour des acteurs comme l’UE, la Chine et les États-Unis.
Avec environ 30 % des réserves mondiales de minéraux critiques, le continent africain est devenu un enjeu majeur. Cependant, la patience des nations minières a ses limites. Ces dernières années, plusieurs pays ont interdit l’exportation de minéraux non transformés, cherchant activement des investissements dans les raffineries et les usines de traitement.
L’économiste Theophilus Acheampong, auteur d’un rapport de l’European Council on Foreign Relations (ECFR) de décembre 2024, est catégorique : « le respect des réglementations en matière de contenu local est non négociable » pour que les Européens puissent accéder aux richesses minérales africaines. Un second rapport de mai 2025, Too Clean to Compete, enfonce le clou, critiquant l’exclusion de l’extraction minière de la taxonomie européenne de la finance durable et l’effet dissuasif du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) sur la transformation locale africaine.
Face à cette « nouvelle donne », l’UE, qui envisage 5,5 milliards d’euros d’investissement pour sécuriser son approvisionnement, est appelée à « adapter son approche ». Pour gagner en importance sur le continent, l’Union devra non seulement financer davantage, mais surtout mieux écouter les aspirations africaines à la valeur ajoutée locale, transformant ainsi un défi en une véritable opportunité de partenariat équitable.



