La République démocratique du Congo s’apprête à lancer un chantier d’une envergure financière et technologique inédite. Il s’agit du déploiement d’un réseau national de fibre optique de plus de 11 500 kilomètres. Ce projet herculéen, véritable colonne vertébrale de l’infrastructure nationale, est entré dans une phase d’évaluation stratégique ce 19 juin à Kinshasa, lors d’un atelier de consultation précoce du marché présidé par le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, José Mpanda.
Sur le plan budgétaire, l’architecture financière de ce Projet de transformation numérique (PTN) repose sur un modèle de cofinancement multilatéral solide. Il s’agit d’une enveloppe de 400 millions de dollars octroyée par la Banque mondiale, consolidée par une contribution de 100 millions d’euros (environ 110 millions de dollars) de l’Agence française de développement (AFD). L’enveloppe globale mobilisée s’élève ainsi à près de 510 millions de dollars.
Cependant, au-delà de la seule mobilisation de ces fonds de développement, l’enjeu crucial pour le gouvernement congolais réside dans la rentabilité, l’attractivité et la viabilité commerciale à long terme de l’infrastructure. L’atelier de concertation visait précisément à préparer un montage contractuel équilibré. L’objectif avoué des autorités est de « mettre en place un cadre contractuel susceptible d’attirer les investisseurs privés », tout en respectant scrupuleusement les standards rigoureux des partenaires financiers du projet.
L’équation économique consiste à concevoir un modèle de Partenariat Public-Privé (PPP) qui sécurise les capitaux nécessaires pour couvrir les dépenses d’investissement (CapEx) liées à la pose du câble dont 1 500 kilomètres de liaisons d’interconnexion internationale vers l’Angola, l’Ouganda, le Burundi et la Centrafrique. C’est tout en assurant une maintenance pérenne et efficace du réseau. En impliquant d’emblée les opérateurs télécoms, les investisseurs et les institutions financières, Kinshasa souhaite éliminer les barrières à l’entrée et stimuler une saine concurrence pour faire baisser durablement le coût de la connectivité internet pour les consommateurs.
Les retombées macroéconomiques indirectes s’annoncent de leur côté massives. Ce futur backbone national a vocation à devenir l’« ossature de la transformation numérique du pays » en connectant plus de 30 millions de citoyens à des services publics modernisés, en intégrant numériquement les 145 territoires et en finançant, via le Fonds de développement du service universel, des infrastructures de réseau mobiles 4G et 5G dans des zones à faible densité. Un investissement public d’impact conçu pour jeter les bases d’une croissance inclusive et diversifiée.

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