Face à la paralysie de la route Kinshasa-Matadi, poumon économique de la RDC, la Première Ministre Judith Suminwa sonne le tocsin. Un déploiement policier et des voies de contournement sont annoncés pour fluidifier le trafic. Mais ce traitement de choc suffira-t-il à guérir le mal structurel des infrastructures routières ?
La Route Nationale 1 (RN1) étouffe, et avec elle, tout le dynamisme commercial entre Kinshasa et le Kongo Central. Pour briser ce nœud coulant logistique, le Gouvernement central vient de déployer un arsenal de mesures d’urgence. Au programme : une unité spéciale de la police pour discipliner le trafic à Kasangulu et au niveau du triangle Cité Verte, l’ouverture de voies de contournement et la modernisation des barrières de péage.L’intention est louable et l’urgence, indiscutable. Célestin Tangamo, de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), s’en félicite d’ailleurs. « Nous avons apprécié l’initiative de la Première Ministre d’organiser cette réunion qui a permis de prendre des mesures immédiates à impact visible », s’est-il exprimé.
Pourtant, d’un point de vue analytique, ce plan ressemble fort à un traitement symptomatique. Si la présence policière peut temporairement calmer l’anarchie des chauffeurs, elle ne résout en rien l’étroitesse d’une chaussée saturée par le flux incessant des poids lourds. De plus, l’annonce d’une circulation alternée risque de créer de nouveaux goulets d’étranglement à court terme. Pour que ce « plan de sauvetage » ne soit pas un coup d’épée dans l’eau, le pouvoir exécutif devra transformer ces mesures de crise en investissements structurels lourds, notamment par le doublement des voies sur les segments critiques.
Le respect des consignes sera le premier test de ce plan, comme le rappelle Célestin Tangamo. « À partir de demain, il y aura des perturbations parce qu’il y aura une circulation alternée aux endroits où il y aura les travaux. Nous demandons à tous les chauffeurs d’être potentiellement prudents et de respecter les consignes qui seront données », a-t-il affirmé. Pour l’instant, la RN1 bénéficie d’une bouffée d’oxygène artificielle. L’avenir dira si le pilier III du programme gouvernemental pour une « connectivité maximale » saura pérenniser cette fluidité si vitale pour l’économie nationale.

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