Le gouvernement congolais a franchi une étape décisive pour le rééquipement des forces de l’ordre. Le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a attribué définitivement à la société émiratie Streit Security Vehicles FZ-LLC un marché d’acquisition de véhicules spécifiques pour la Police nationale congolaise (PNC), évalué à 198,635 millions de dollars TTC financés par le Trésor public.
L’exception du gré à gré interrogée
Sur le plan budgétaire, cet engagement financier massif s’inscrit dans un contexte où les procédures d’exception ravivent le débat sur la gouvernance financière. La décision d’attribution datée du 18 août 2026 s’appuie sur une procédure d’entente directe, formalisée après une autorisations spéciale de la Direction générale du contrôle des marchés publics (DGCMP) du 19 février 2026, un avis de non-objection rendu le 2 février et une fiche d’approbation signée par la Première ministre Judith Suminwa le 11 août 2026.
Bien que la Loi relative aux marchés publics prévoie l’entente directe pour des motifs de sécurité nationale, l’absence de mise en concurrence sur une enveloppe d’environ 200 millions USD retient l’attention des analystes.
Zone d’ombre sur le périmètre des livraisons
Le document officiel d’août ne mentionne ni le volume, ni les modèles de véhicules, ni le calendrier de livraison. En février dernier, le ministère avait brièvement publié sur son compte X une annonce mentionnant la fourniture de blindés, drones et bateaux, avant de la retirer. La décision finale ne ciblant formellement que des « véhicules spécifiques », l’incertitude demeure quant à l’intégration de ces équipements spécialisés dans la facture finale.
Ce marché prolonge la coopération sécuritaire avec Streit, qui fournissait déjà la Garde républicaine et avait conclu en 2024 un contrat de 25 millions USD pour 100 blindés destinés aux FARDC.



