La COP30 de Belém est au bord de la rupture. À quelques heures de sa clôture, le projet d’accord publié ce 21 novembre a provoqué une onde de choc diplomatique. Car, la feuille de route, censée organiser la transition hors des énergies fossiles promise à Dubaï en 2023, a été purement et simplement supprimée. Face à l’opposition frontale de poids lourds comme l’Arabie saoudite, la Russie et l’Inde, le Brésil, président de la conférence, aurait cédé pour éviter un blocage total, un geste qui, pour beaucoup, est un aveu de faiblesse.
Recul ou Realpolitik ?
Ce retrait est perçu par 29 nations, dont la France et l’Allemagne, comme un recul inacceptable. Ces pays ont signifié à la présidence brésilienne qu’ils ne soutiendront pas un accord sans feuille de route. L’enjeu est crucial. Sans ce cadre, l’engagement de Dubaï reste une coquille vide, incapable de forcer les nations à aligner leurs plans nationaux sur la trajectoire des 1,5 °C imposée par l’Accord de Paris.
La divergence est désormais nette. D’un côté, un bloc de producteurs et de grands consommateurs refusant tout nouveau compromis contraignant sur les énergies fossiles ; de l’autre, les pays demandeurs d’un cadre collectif, même souple, pour garantir la continuité des efforts climatiques. Le succès de cette COP30 dépendra de la capacité du Brésil à ressusciter, sous une forme ou une autre (un forum ou un processus préparatoire), cet indispensable « comment faire ». Sans cette boussole, Belém risque de passer à l’histoire comme l’échec qui a démantelé la timide avancée de Dubaï.

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