L’Africa Wealth Report 2024 de Henley & Partners révèle une Afrique des millionnaires en pleine expansion (+65 % attendu d’ici 2033), portée par la fintech et les métaux rares. Pourtant, malgré son statut de « Trésor géologique mondial », la République Démocratique du Congo (RDC) brille par son absence du Top 10 des pays abritant le plus de fortunes. Ce classement, dominé par l’Afrique du Sud et l’Égypte, mais dynamisé par l’envol de l’Île Maurice (+87 %) et du Rwanda (+84 %), met en lumière un paradoxe cinglant : comment le cœur de l’Afrique peut-il être si riche en potentiel et si pauvre en résidents fortunés ?
Le fossé entre le cobalt et le compte en banque
L’absence de la RDC dans ce palmarès n’est pas fortuite et lance un défi à sa gouvernance. Alors que Maurice et la Namibie prévoient une croissance des millionnaires supérieure à 80 % grâce à leur stabilité et leur régime fiscal favorable, Kinshasa paie le prix de son instabilité chronique et de la malédiction des ressources. Le rapport souligne que la croissance de la richesse est alimentée par des secteurs comme le développement de logiciels, l’écotourisme et la gestion de patrimoine, des domaines qui exigent sécurité, traçabilité et un État de droit solide.
Les millions d’hectares de forêts et les milliards de dollars de Cobalt et de Cuivre quittent le pays sans laisser de traces durables dans le portefeuille des résidents. En effet, l’extraction, souvent non-transparente, et le manque d’un environnement des affaires attractif empêchent la richesse de se capitaliser et de créer une classe de particuliers fortunés installés sur place. Le chemin de la RDC vers le développement passera par une sécurisation effective de son territoire et une gouvernance fiscale qui fidélise les fortunes, sans quoi elle restera le géant économique au potentiel jamais atteint.

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